Le millésime 2007 est porteur d'espoir pour la société neuchâteloise Kyburz Cie. Active dans la fabrication des verres de montres (plastique, minéral et saphir), elle s'apprête en effet à relancer une production indigène de verres saphir, qui avait été stoppée il y a deux ans sous les coups de boutoir de la concurrence asiatique. Si Kyburz Cie (52 collaborateurs) se permet d'être optimiste, c'est qu'elle a décroché un volume de commandes en Suisse suffisant. Les marques qui soutiennent ce processus réaffirment de facto leur intérêt pour une production indigène.
Au-delà du saphir, Kyburz Cie s'est fait une spécialité dans le verre plastique. C'est ce segment qui lui a permis de se maintenir depuis deux ans. Ce type de produit équipe d'ordinaire les montres de gammes inférieures ou les rééditions de modèles anciens, certes adaptés au goût du jour, mais produits selon les standards de l'époque, quand seul le verre plastique existait. Référence en ce domaine, Kyburz Cie a produit jusqu'à 250 000 pièces par jour pour des entreprises helvétiques, mais également pour des firmes japonaises ou indiennes. Aujourd'hui encore, ce savoir-faire permet à la société neuchâteloise de vendre une partie de sa production (de quelque 60 000 pièces par jour) à des fabricants… chinois!
Une délocalisation non justifiée
Or, dans le haut de gamme qu'est le verre saphir, la concurrence asiatique a fait des ravages. Les entreprises suisses n'étaient, parfois, devenues que de simples intermédiaires entre producteurs chinois et marques helvétiques. Une situation que s'apprête à retourner Takashi Kyburz, petit-fils du fondateur, qui a repris les rênes de la société il y a trois mois. L'entreprise espère produire chez elle, à Marin-Epagnier, quelque 25 000 verres saphir par mois, soit la moitié du volume des meilleures années. Pour ce faire, elle va procéder à de nouvelles embauches. Par bonheur, le personnel qui détenait le savoir-faire spécifique lié à cette fabrication est toujours dans l'entreprise.
"La production asiatique a connu une amélioration réelle. Elle est dorénavant remarquable. Mais même en Chine, cette qualité a un prix, toujours plus élevé», relève Takashi Kyburz. Ce rapatriement n'est pas le seul fait du verre saphir. D'autres composants horlogers sont revenus en Suisse ces dernières années. La différence de prix ne suffit parfois plus à justifier une délocalisation et à intégrer les désagréments liés à une production lointaine
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Bilan / Michel Jeannot / www.bilan.chÂ