Entretien avec le CEO, Nicolas Bos

Image
Entretien avec le CEO, Nicolas Bos - Van Cleef & Arpels
#SIHH/ Nicolas Bos, nouveau CEO de Van Cleef & Arpels, a longtemps concilié les postes de directeur de création et président de la filiale américaine.



WORLDTEMPUS – 7 février 2013

David Chokron

 

Van Cleef & Arpels_334229_0




David Chokron: Vous avez été directeur de création de Van Cleef & Arpels avant d'en devenir CEO. C'est une trajectoire rare. Comment est-ce arrivé ?
Nicolas Boss: Je n'étais pas uniquement directeur de création. J'ai toujours cumulé différentes fonctions. Ces dernières années, j'étais en charge de la filiale américaine. J'ai une dimension très business et une autre création, et je ne pense pas que les deux soient inconciliables.

Comment arrivez-vous à poursuivre une telle politique de création sur les lignes Cadrans Extraordinaires, année après année ?
Ce qui est simple dans la manière dont on crée dans cette maison réside dans une identité riche, très définie. Elle nous permet de suivre des directions claires et inépuisables. On est dans la logique du patrimoine de la maison avec un style uni et des sources d'inspiration très reconnaissables: la danse, la nature, la couture, l'imaginaire, les contes de fées. Ces inspirations sont traduites en dessin à travers un style très précis. Nous recherchons l'harmonie et l'équilibre sans forcément faire appel à la symétrie. En horlogerie, l'objectif premier n'est pas la performance mais de donner vie à une histoire à travers une montre.

Le côté figuratif est très fort chez Van Cleef & Arpels, par exemple votre nuage. Est-il figé ou évolue-t-il?
Il est effectivement très spécifique. Ses formes datent des années 20, très influencées par les arts asiatiques, revisitées à travers l'art nouveau et l'art déco. Il y a une grammaire dans la figuration chez Van Cleef & Arpels, mais elle n'est jamais réaliste. Elle est toujours réinterprétée et onirique. La figuration horlogère est souvent à la recherche de réalisme photographique. Nous cherchons une dimension plus poétique. On ne cherche pas à avoir la Joconde sur un grain de riz, on ne trouve pas cela émouvant.

 

Van Cleef & Arpels_334229_1



Van Cleef & Arpels n'est pas une maison horlogère. Vous utilisez le mouvement pour raconter une histoire ?

Nous partons d'un dessin et on lui donne vie. Cela peut passer par des techniques simples, parfois complexes, voire impossibles. Il y a une espèce de frustration du joailler qui veut donner vie à la pièce avec des matières parmi les plus dures. De là, on doit donner l'impression d'envol, de légèreté. C'était le point de départ des complications poétiques. On avait l'envie de travailler une horlogerie à contre courant. Pour notre première pièce des Complications Poétiques, vers 2005, à l'époque des doubles tourbillons aux inspirations sport et performances, nous avons présenté une pièce sur le thème des quatre saisons. Nous voulions une montre qui change imperceptiblement d'aspect, qui soit différente au printemps et en été. Jean-Marc Wiederrecht a été intéressé par cette complexité et on a créé cette première montre comme cela, une esthétique de la lenteur dans un monde qui s'intéressait à la vitesse.

Quelle est la part de votre offre masculine ?
Nous somme une maison de joaillerie, donc par essence féminine. Mais nous avons toujours eu des créations masculines, dès le départ, comme des montres de poche, des boutons de manchette et aujourd'hui, la Pierre Arpels. Nous avons également exploré l'idée des complications poétiques quand leur côté masculin faisait sens. Et nous avons des séries de cadrans masculins autour de Jules Verne, de la chance, et de paysages californiens en marqueterie de pierre. Elles sont très travaillées, comme nos séries d'inspiration art déco de cette année.

 

Van Cleef & Arpels_334229_2




Marque