« Un caractère genevois libéré »

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« Un caractère genevois libéré » - Vacheron Constantin
#SIHH/ Christian Selmoni, Directeur artistique, revient sur l'esprit des nouvelles collections 2013, essentiellement féminines.
David Chokron: 2013 est l'année de la femme chez Vacheron. Comment dessine-t-on une montre pour femme ?

Christian Selmoni: Une des qualités du style Vacheron Constantin est qu'il n'est ni féminin ni masculin. Sophistiquées, raffinées, dépouillées, nos montres ont les deux côtés. Tout dépend de la manière dont on aborde des éléments de design.

Des éléments de détail?

De détail et de taille aussi. Une Patrimony 40 mm ne passera pas sur tous les poignets. En passant de 40 à 36 mm, on n'a presque pas touché à l'esthétique de cette montre, mais c'est une création ex-nihilo. On ne va surtout pas réduire un boîtier masculin. Ce n'est pas la formule gagnante. Une montre femme, c'est d'abord un design qui va lui parler et pas une adaptation.


Par exemple?

On a transformé la minuterie perlée qui est la signature des modèles masculins. Elle est sertie de diamants. C'est une touche à mi-chemin de l'univers masculin et féminin. Elle est dans une recherche de subtilité, de précieux, mais pas forcément de féminité.

 

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La frontière entre les genres est-elle encore brouillée?

Il existe une forte mixité de certains modèles. Les montres féminines vont de 23,5 jusqu'à 42 ou 44 mm. La grosseur de la montre n'est plus cantonnée à un sexe et c'est extrêmement intéressant. Cela devient un aspect socio-culturel. Des montres serties peuvent renvoyer à une certaine ambiguïté en Occident, mais ce n'est pas du tout le cas en Asie.


La Patrimony Contemporaine Lady est un nouveau design pour dames. Pourquoi cette année?

Le travail sur nos mouvements mécaniques nous a envoyé sur un axe masculin et technique. Nous attendions pour revenir sur le segment féminin. La marque a été très forte et créative tout au long du 20e siècle sur la femme. Nous sommes orientés horlogerie technique mais il n'y a pas de raison de s'y cantonner.


Et pourtant vous intégrez des calibres mécaniques dans les nouveautés féminines.

Le succès de la haute horlogerie a mis en lumière les montres mécanique auprès de femmes prescriptrices d'opinion, qui ont leur indépendance et apprécient cet artisanat. La tendance a été initiée en Europe, peut-être par l'Italie. Cela existe aussi à Hong Kong ou Taiwan. Les femmes y aiment l'horlogerie technique et ont un intérêt pour la mécanique et l'ingénierie.

 

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Comment dessine-t-on un bracelet métal réussi, comme le celui de la Patrimony Contemporaine Lady?
C'est très difficile. On a pensé aux recettes simples de l'élégance classique intemporelle, dépouillée, pas extravertie. Ces qualités-là conduisent les designers. La question est de trouver le bon rythme.


Cette gamme va-t-elle évoluer? Dans quelle direction?

Nous allons rapidement proposer la montre en or blanc. On peut aussi imaginer une taille plus petite que 36 mm. Aujourd'hui, l'univers féminin se décline, c'est une possibilité pour s'étendre, comme explorer des mouvements plus compliqués. La complication au féminin est une demande qui existe et un style qui nous plaît.


Dans quel esprit Vacheron Constantin évolue-t-il ?

Nous avons développé un esprit classique mais un peu décalé. Les Florilège ont ce côté romantique exacerbé. Vacheron Constantin exprime un caractère genevois libéré. On trouve à Genève, si rigoureuse, des marques qui font des produits extravertis, un peu anglais par certains côtés. J'ignore pourquoi cette société a ce côté excentrique. Chez Vacheron, ce qui est bien, c'est qu'une collection comme Florilège ait gardé son affirmation européenne par des couleurs fortes.

 

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Marque
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