L'horloger crée le buzz avec Blake

En convainquant Yohan Blake de porter un prototype tourbillon lors de la finale du 100m, Richard Mille a provoqué un buzz planétaire. Le coup de pub, magistral, valait toutes les campagnes de marketing…

Tribune de Genève - 30 août 2012

Propos recueillis par Jean-Daniel Sallin


Depuis les Jeux olympiques de Londres, Richard Mille s'est montré plutôt discret. Il n'a même pas profité d'Athletissima, la semaine dernière à Lausanne, pour capitaliser son contrat avec le sprinter jamaïcain, Yohan Blake. A quoi bon? L'essentiel était fait. En convainquant la «Bête» de porter sa montre, un prototype tourbillon, lors de la finale du 100m, il a provoqué un buzz planétaire. Le coup de pub, magistral, valait toutes les campagnes de marketing…
 

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Jean-Daniel Sallin: Pourquoi avoir choisi Yohan Blake comme ambassadeur?
Richard Mille: Son profil me plaisait. Il n'a peut-être pas le charisme d'Usain Bolt, mais il a un potentiel de développement important et il reste un garçon intéressant. Avec lui, on a l'impression que c'est Noël tous les jours! Il avait envie de courir avec une montre, j'ai simplement sauté sur l'occasion.

Mais quand cette opération s'est-elle décidée?
Je me suis réveillé un peu tardivement… L'idée a germé, il y a un mois et demi, autour d'une table. Avec des amis, nous avons d'abord parlé de Bolt et le sujet est rapidement venu sur Yohan Blake. Nous avons pris contact avec lui et nous avons fait en sorte que l'article 40 du règlement olympique ne soit pas enfreint: nous n'avions pas le droit de faire d'annonce officielle ou de pub avant et pendant l'événement.

Vous n'en avez pas eu vraiment besoin…
En effet. Cela a créé un tollé. Mais je n'ai jamais reçu de pressions du CIO. Elles sont venues d'ailleurs… Cela ne m'a pas gêné plus que ça! Nous avons simplement convenu avec Yohan de ne pas tenter le diable et d'enlever la montre pour la finale du 200m. On a bien fait, cela a provoqué un deuxième buzz. Le public ne tolérait pas qu'un athlète soit ainsi privé de sa liberté de choix.

Un autre de vos ambassadeurs, Rafael Nadal a dû déclarer forfait pour l'US Open… Pas trop déçu?
Vous savez, j'aime travailler avec des personnalités originales, des gagneurs. Rafael Nadal en est un. Aujourd'hui, il souffre du genou, c'est comme ça, c'est le sport! Quand on décide de soutenir un athlète, on doit être là dans les bons comme dans les mauvais moments de sa carrière. Lorsque nous avons signé avec Bubba Watson (ndlr: golfeur américain), il n'était qu'à la trentième place mondiale. Aujourd'hui, il est dans le top 10. Aujourd'hui, Rafael Nadal est blessé, mais il reviendra forcément.
 

 

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