Suite à la sortie de son ouvrage «La montre à remontage automatique», Jean-Claude Sabrier a animé une conférence organisée chez Sotheby's à Paris.
WORLDTEMPUS - 30 janvier 2011
David Chokron
La question avait créé des remous dans le milieu horloger. Qui a inventé la montre automatique? La parution du livre de Jean-Claude Sabrier, historien et expert en horlogerie, avait esquissé la promesse d'une réponse. Lors de la présentation de son ouvrage lundi dernier à Paris, l'auteur a fait comprendre qu'une réponse claire était impossible à ce jour. Avec la complicité d'Arnaud Tellier, ancien directeur du Musée Patek Philippe à Genève, Jean-Claude Sabrier avait fait le déplacement pour dévoiler les grandes lignes de «La montre à remontage automatique» publié aux Editions Cercle d'Art. Les deux hommes étaient invités par Sotheby's et son expert horloger, Geoffroy Ader, qui présentait quelques exemplaires rares de montres automatiques, prélude à la vente genevoise devant se tenir le 20 Mai.

Premiers pas
Si l'idée d'un mouvement se remontant par lui-même avait germé dans bien des esprits à travers l'Europe, l'histoire veut que ses premières mises en œuvre soient le fait d'Abraham-Louis Perrelet, horloger au Locle. La polémique, si modeste qu'elle soit, veut de son côté qu'Hubert Sarton, pendulier liégeois, soit l'inventeur effectif des montres qui se remontent d'elles-mêmes. Mais il pourrait avoir été inspiré par d'autres. Bref, l'état actuel des connaissances historiques ne permet pas de trancher. Mais l'intérêt de cette conférence se situait plus dans la synthèse qui y a été faite sur le sujet. La montre automatique a eu très peu de succès avant les années 1930. En effet, la montre de poche a longtemps été le format horloger standard. Mais au fond d'un gilet, a fortiori celui d'un gentilhomme, une montre est trop peu mobile pour espérer être remontée. Pour augmenter les mouvements des masses, des horlogers l'ont munie de ressorts situés à ses deux extrémités pour la propulser. Devant la faible efficacité de ce procédé, il devint usuel de fixer les masses à la périphérie du mouvement, au bout d'un long bras, pour en augmenter la portée et l'inertie. Ce système inventé par Recordon fut popularisé par Abraham-Louis Breguet dans ses fameuses Perpétuelles.

Retour en force
Puis la recherche sur la montre automatique perdit de son intérêt. Les horlogers étaient concentrés sur un objectif plus ambitieux: le remontage par le pendant. Se passer d'une clé, qui se perdait comme un rien et qui obligeait à ouvrir le mouvement, laissant entrer poussières et humidité en quantité, fut un grand axe de progrès. Il repoussa même aux années 1930 la popularisation de la montre automatique, qui fut largement le fait de Rolex. En effet, dès cette époque, Hans Wildorf systématise ce procédé, en même temps qu'il se focalise sur le serpent de mer de l'étanchéité. La force de ses brevets est telle qu'il faut attendre les années 1950 pour voir apparaitre en masse des montres se remontant avec le mouvement du poignet. La seconde moitié du siècle est traitée sommairement par le livre tant que par les conférenciers. Les systèmes modernes comme l'inertie variable ou le micro-rotor ne sont abordés que brièvement. Dommage, ces sujets ne manquent pas d'intérêt.

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"La montre à remontage automatique"
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