Dans 100 ans? De belles petites marques

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Vincent Perriard décrit en toute liberté son horlogerie. Celle de demain...

Trajectoire - Automne 2012

Fabrice Eschmann / BIPH


Hyperactif et touche-à-tout, Vincent Perriard a plus d'une fois bousculé le landerneau horloger. Né à Lausanne, ce Neuchâtelois d'origine a fait plusieurs séjours à New York, s'est occupé de la communication d'Audemars Piguet, a travaillé pour la marque Hamilton avant de prendre les rênes de Concord , puis de Technomarine. Aujourd 'hui, il met son talent au service de la petite marque HYT, où il occupe le poste de CEO.

 

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Fabrice Eschmann: Où trouvez-vous votre inspiration ?

Vincent Perriard: Dans tout ce qui nous entoure, mais beaucoup dans mes voyages et dans mes rencontres.

L'horlogerie doit-elle être en rupture pour avoir du sens ?

Absolument pas. J'aime autant l'horlogerie traditionnelle qui est notre héritage et qui nous permet aussi – aujourd'hui – de faire de l'horlogerie en rupture. Mais celle-ci n'est intéressante, à mon sens, que si elle permet de faire avancer la profession. En venant avec un liquide dans la montre, HYT est en rupture avec les codes classiques de l'horlogerie, mais puise son inspiration dans la clepsydre qui indiquait le temps avec de l'eau, 3'000 ans avant J.-C. Pour ma part, j'ai autant de plaisir à voir une belle montre traditionnelle qu'un ovni réinventant les codes. Mais pour que je sois séduit, il est impératif que le garde-temps se base sur des acquis, sur l'héritage de nos ancêtres, tout en apportant une touche de folie.

Quel sens, justement, voulez- vous donner à l'horlogerie ?

Je n'intellectualise pas ma démarche chez HYT. Nous voulons faire une montre aux normes et codes horlogers traditionnels en y apportant une innovation exceptionnelle et très visuelle – le liquide qui circule dans la montre pour indiquer l'heure. Nous ne cherchons pas à apporter du sens. Nous souhaitons seulement attirer et intéresser une clientèle désirant avoir au poignet l'ultime de l'innovation, un garde-temps qui crée un paradoxe : un fluide dans de la mécanique.

Quelle est votre montre idéale ?

Un mélange de belle horlogerie et d'innovation. C'est ce que j'appelle la « disruption ». Elle peut être chez Audemars Piguet (et la Royal Oak Offshore) tout comme chez Richard Mille (la montre qui a réinventé le squelette traditionnel pour en faire une vraie F1 au poignet). Mais la montre idéale, c'est finalement toujours la montre sur laquelle on travaille. Aujourd'hui, c'est la H1 de HYT ; demain (2013), ça sera la H2 que nous développons avec Giulio Papi (Audemars Piguet).

Que sera l'horlogerie dans 100 ans ?
Je voudrais bien le savoir… ! La branche a énormément évolué avec l'arrivée des « petites » marques. Cette nouvelle horlogerie pousse le design et l'innovation plus loin, plus haut, sans trop se soucier de la nécessité de plaire à tout le monde, comme le ferait une grande marque ou un groupe. Je pense cependant que les deux sont nécessaires. Les groupes et les grandes marques ont ce mérite de démocratiser notre industrie et de l'ouvrir au monde. Alors, dans 100 ans ? Je vois beaucoup de belles « petites » marques très créatives et un public toujours plus important et réceptif à cette horlogerie-là.

 

 

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