Le Matin - 15 août 2012
Gérard Bucher
A 30 ans, l'arrière des Heat (193 cm) a tout gagné ou presque. Blessé, il a vécu les Jeux olympiques dans les tribunes. Une expérience plus stressante qu'il ne l'imaginait. Avant de reprendre le collier aux Etats-Unis, il a effectué un crochet par la Suisse, où il a passé des moments inoubliables avec Jean-Claude Biver, président du conseil d'administration de la société nyonnaise, et assemblé sa propre montre dans l'un des ateliers. «En quatre minutes seulement, alors que les spécialistes ont besoin de quatre ans», s'est-il amusé à relever. En réalité, trois vis lui avaient été confiées. Reste que le ton était donné.

Gérard Burcher: Dwyane Wade, vous n'étiez pas aux JO de Londres à cause d'un genou récalcitrant. Comment se porte-t-il?
Dwyane Wade: Très bien. Tout se passe pour le mieux. Je me suis fait opérer dix jours après la fin du championnat et j'ai eu six semaines de récupération. En fait, j'aurais pu éviter l'intervention chirurgicale et donc participer aux Jeux. Mais cela aurait certainement hypothéqué la suite de ma carrière.
Peut-on encore avoir des objectifs quand on a remporté deux titres de NBA (2006 et 2012), les Jeux olympiques (2008) et été élu MVP (Most Valuable Player) au All-Star Game en 2010?
Pour moi, deux seules choses comptent: continuer à marquer le plus de points possible à chaque match et gagner des titres. Le plus important, c'est que les Heat aient un maximum de succès.
On a beaucoup critiqué le trio que vous avez formé avec Chris Bosh et LeBron James. Le titre de NBA, c'est une revanche pour vous?
Certainement pas. Il y a toujours des gens qui désapprouvent ce que vous faites et d'autres qui vous suivent. Les critiques nous ont poussés à travailler davantage pour être encore meilleurs.
Vous portez le No 3 au Heat. Une raison particulière?
J'avais le 25 en NCAA (National College Athletic Association) à Marquette. Comme j'ai dû affronter quelques problèmes personnels à cette époque, j'ai choisi un autre numéro en NBA (ndlr: il a été drafté en 5e position par Miami en 2003) , celui de la Sainte-Trinité. La religion m'a remis sur les rails. Ma mère est pasteure.

En finale de NBA, vous avez joué contre Thabo Sefolosha? Que pensez-vous de lui?
Que c'est un défenseur exceptionnel, un vrai spécialiste, et qu'il a une envergure incroyable avec ses mains.
Qui vous a fait aimer le basket?
Mon père. Il faut dire que l'on habitait Chicago, la ville des Bulls. Vers 8 ou 9 ans, je m'entraînais au tir en visant des berceaux, parce que les paniers étaient trop hauts pour moi.
Avez-vous un rituel les jours de match?
Quand on joue à la maison, oui. Je mange plusieurs fois des pâtes et je me promène avec mes deux fruits favoris que sont l'ananas et le raisin. Sinon, si je suis en confiance, je ne vais pas shooter sur le parquet avant les matches.
Resterez-vous dans le milieu au terme de votre carrière?
Probablement pas. J'ai encore quatre ans de contrat avec les Heat. Je ne sais pas dans quelle direction je me dirigerai plus tard. En revanche, je veux être le boss dans ce que j'entreprendrai.
Vous êtes toujours tiré à quatre épingles…
La mode m'intéresse énormément. J'adore les vêtements, les chaussures, les chaussettes. Il n'est pas rare que je me rende à Milan ou à Paris pour assister à des défilés.
Vous arrive-t-il, chez vous, de vous vêtir d'un simple T-shirt?
Oui, mais très rarement, parce que mes enfants me regardent. Je fais très attention à leurs habits.
Vous avez deux garçons. Est-ce facile d'être un père?
Très difficile. Le plus gros challenge dans ma vie, c'est ça, être père. Je fais tout pour éduquer mes enfants dans le respect et la responsabilité. J'ai grandi avec rien et eux ont tout. Il s'agit pour moi de trouver le juste milieu. Je n'aimerais pas qu'ils parviennent à quelque chose sans avoir dû fournir les efforts nécessaires. Un jour, ils devront pénétrer de plain-pied dans la vraie vie.
Vous avez envie d'avoir d'autres enfants (ndlr: divorcé, Dwyane Wade vit avec l'actrice Gabrielle Union) ?
Peut-être… (Sourire gêné.)
Le 4 septembre prochain, vous sortirez un livre intimiste sur votre vie. Pourquoi l'avoir écrit?
Quand j'étais jeune, j'aurais voulu que l'on me tende la main à certains moments. Je me suis juré de le faire si j'en avais un jour la possibilité. Si ce livre peut aider qui que ce soit, j'en serais très fier.
Quelle relation avez-vous avec l'argent (ndlr: son salaire annuel est de 15 millions de dollars, hors publicité) ?
Comme beaucoup de joueurs de basket, j'adore les voitures et les montres. J'en ai beaucoup acheté. Avec les années, je me suis davantage tourné vers les vêtements. Mais je déteste dépenser. Je préfère économiser.

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Une série très spéciale
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les ambassadeurs de la marque Hublot ne reçoivent pas de montre lorsqu'ils rendent visite à la manufacture ou participent à des «appearance days». «En revanche, lorsqu'une série spéciale est mise sur le marché, comme celle consacrée à Dwyane Wade, nous remettons à notre ambassadeur deux ou trois exemplaires de notre création», explique Valérie Servageon, directrice du marketing chez Hublot. L'un des trois compteurs du cadran principal des 250 montres de la série Wade est frappé du chiffre 3 (numéro de son maillot), le bracelet a des allures de filet de basket et la glace de fond est marquée du sigle de la Wade's Foundation, dédiée aux enfants défavorisés.

