WORLDTEMPUS – 18 septembre 2012
David Chokron
David Chokron: Dans une interview au Figaro, M. Pinault a annoncé des ambitions de croissance de production pour le groupe Sowind. Comment se répartissent-elles au sein du groupe ?
Stefano Macaluso: Ce passage de 20 000 à 40 000 mouvements dépend de l'horizon que l'on considère. Les perspectives de croissance se font de manière progressive. Girard-Perregaux a un potentiel important de croissance organique. La marque est le client principal de Sowind. D'autre part, la marque JeanRichard a été repositionnée et va se développer dans une gamme sans mouvement de manufacture.
La croissance viendra-t-elle de clients private label ?
En ce qui concerne les marques du groupe PPR (NDLR : qui possède 50.1 % du groupe Sowind), nous sommes disponibles si l'une d'entre elles a l'intention de faire quelque chose. Nous collaborons déjà avec Boucheron et avec Bottega Veneta. En dehors du groupe, notre collaboration avec Zegna se poursuit. Nous venons de développer une nouvelle collection sport, sans mouvement de manufacture. Design et suivi opérationnel sont assurés par nous.
Vos calibres de manufacture sont-ils compétitifs pour des clients private label ou des marques tierces?
Nous ne sommes pas dans une logique de compétition. Nous ne sommes pas à la recherche de clients. Nous servons d'abord nos marques et les clients que nous avons déjà. Nous les choisissons sur une base d'amitié, de sympathie. C'est un principe important.

Dans quelle situation se trouve Girard-Perregaux par rapport à il y a trois ans ?
Notre prix moyen a augmenté car nous nous sommes concentrés sur des collections de montres en or. Les quantités sont à peu près au même niveau, un peu plus contenues.
Dans quelle situation est votre activité sur les marchés américains ?
Nous avons une filiale aux Etats-Unis depuis longtemps, et nous avons ouvert un flagship à New York. Nous sommes revenus au niveau de 2004-2005. Mais c'est un marché historiquement différent, où notre ligne Ferrari était forte et où le prix moyen était bas. L'augmentation récente des prix a eu un fort impact. En Amérique Latine, nous sommes concentrés sur le Mexique. Girard-Perregaux y est une marque historique connue et le marché a une taille intéressante. Quant au Brésil, ce marché achète aux Etats-Unis et en Europe.
Favorisez-vous l'ouverture de boutiques en nom propre ou un réseau de détaillants multi marques ?
Les boutiques Girard-Perregaux ne sont pas notre priorité. C'est bien d'avoir un Flagship, par exemple à New York, mais il s'agit d'un investissement de communication.
Vous êtes coureur automobile. Continuez-vous la compétition ? Est-ce une opportunité de sponsoring ?
J'ai beaucoup l'envie mais peu de temps pour la course. Je participe à quelques rallyes historiques, les Mille Miglia et le Festival of Speed de Goodwood. Mais nous ne faisons pas de sponsoring. Nous sommes axés sur une communication corporate. La campagne « New Faces » nous permet d'insister sur l'âge moyen à la manufacture qui n'est que de 37 ans. On voulait aller au-delà du cliché du vieil horloger penché sur son établi.