Ludovic Lesur, la nouvelle source vive

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Ludovic Lesur, directeur de Charriol, est un homme sérieux et sûr de lui, qui s'investit toujours à fond dans son travail.
Tribune des Arts - Juillet 2012
Sylvie Guerreiro

Costume impeccable et bureau blanc tout juste personnalisé de sa photo de mariage. Ludovic Lesur, directeur de Charriol, est un homme sérieux et sûr de lui, qui s'investit toujours à fond dans son travail. Et ce n'est pas nouveau. Enfant déjà, il était du genre premier de la classe, dans le sens positif du terme. Né à Roubaix dans le Nord de la France, en décembre 1978, il grandit près de Valenciennes. À l'école, c'est un matheux. D'où les études de gestion qu'il poussera jusqu'à BAC + 5, avec bien sûr, des résultats brillants. Puis ce sera l'Amérique, direction le Texas, pour passer son Bachelor. Premier grand voyage, première prise de conscience de son âme d'explorateur.

 

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Revenu sur ses terres, Ludovic Lesur fait un stage de marketing. Mais déjà, l'Asie l'appelle. Il s'envole pour la Chine et se spécialise en business. Maîtrisant parfaitement l'anglais, il conquiert bientôt le mandarin. “C'était l'avenir, se souvient-il. La Chine a explosé peu de temps après.” Ses premières armes professionnelles, il les forge dans une boîte de médias, à pékin, puis dans un organisme semi-privé chargé d'envoyer des étudiants chinois en France. Mais le grand tournant n'aura pas lieu ici. C'est à Hong Kong qu'il fera deux rencontres capitales. Celles de sa future épouse, Luisa, une avocate d'origine espagnole, et de Philippe Charriol, président et propriétaire de Charriol.

Ludovic Lesur s'y était installé pour travailler au ministère des affaires étrangères, au sein du Centre d'Études Françaises sur la Chine Contemporaine (CEFC). Il s'occupait de l'administration, du budget, de la comptabilité... “J'ai adoré habiter Hong Kong, s'emballe-t-il. La vie y est effervescente. Il y a tous les jours un nouveau business à développer. Vous passez votre temps à rencontrer des gens formidables avec des parcours très différents. On refait le monde constamment. Tout est toujours ouvert. Tout est fait pour vivre à fond son boulot.” Et chose importante pour sa future place chez Charriol: les accessoires y tiennent un rôle très important. “Il faut avoir la montre de luxe, le beau sac, les belles chaussures, pour montrer dans quelle sphère sociale vous évoluez, explique-t-il. Ça fait partie du jeu. Ça vous pousse à prendre soin de vous.” C'est ainsi que le bon élève des bancs d'école se fait aussi sportif assidu: natation, beach-volley, tennis, course à pied. “Je suis gourmand et je ne résiste pas au chocolat”, souffle-t-il...


De l'effervescence asiatique au calme helvétique

Après le ministère, Ludovic Lesur intègre ainsi une entreprise gérant la licence des sacs de sport Caterpillar qui cartonnent en Europe. Il est brand manager international. C'est dans ce cadre qu'il sera débauché par Charriol, une marque horlogère de luxe basée à Genève. Et avec Philippe Charriol, le courant passe tout de suite. “Nous sommes tout deux sagittaire-cheval, s'étonne-t-il encore. Philippe Charriol est un homme entier, très humain mais avec beaucoup de caractère. Il a une vraie aura. C'est un monsieur.” Si bien qu'en 2007, Ludovic Lesur est nommé directeur général pour la Chine continentale et directeur des ventes et du marketing pour la Grande Chine. Il est encore à Hong Kong, mais plus pour très longtemps. Le besoin de remplacer le directeur parti de Suisse l'arrachera des bras de la belle Asie. Mais il trouvera à Genève un havre de paix au climat agréable correspondant à ses aspirations du moment. “Ce fut l'opportunité de tourner la page et j'aime le côté provincial de cette ville pourtant très internationale.”

Sa nomination de directeur de Charriol prend effet le 1er janvier 2011. Ne comptant pas ses heures, s'efforçant d'emboîter le pas sur Philippe Charriol qui a tant fait pour la marque, il est fier d'avoir participé au développement du marché chinois dans le cadre des licences de sacs en cuir et de vêtements pour homme Charriol. Sa force? Son regard neuf. Sa mission: moderniser la marque, tout en restant à l'écoute des demandes spécifiques à chaque marché. Un travail de fond qui se fait bien sûr avec Philippe Charriol. S'il lui laisse carte blanche, ce dernier est toujours partie prenante dans les grandes décisions. “Très impliqué, il sait toujours tout ce qui se passe, tant au niveau business que produits, témoigne Ludovic Lesur. Il joue un rôle de consultant paternaliste et passionné, sans cesse avide de partager son expérience. Il est le garant de l'âme Charriol.”

Philippe Charriol a créé sa société dans le but de remettre la montre suisse au goût du jour. D'où ce besoin de se démarquer par l'originalité du design. “À l'époque, l'industrie était en deuil; le Japon avait envahi le marché”, rappelle Ludovic Lesur. Les montres Charriol sont donc à quartz pour la plupart, parce que s'adressant surtout aux femmes, avec un accent mis sur la beauté du produit, sa qualité et l'attractivité de son prix (entre 1000 et 3000 francs). Les mouvements sont suisses et l'habillage réalisé à La Chaux-de-Fonds. Autant de caractéristiques qui ne changeront pas. Si ce n'est cette volonté nouvelle de s'imposer aussi dans le paysage mécanique. en particulier en ce qui concerne les modèles homme, sachant que Charriol est avant tout une marque féminine. “Pour les femmes, nous commencerons par de toutes petites séries, puis nous verrons. Cette demande vient surtout d'Asie, en particulier Hong Kong et la Chine.”

Désormais plus tendances, les montres se sont aussi mises à l'heure du caoutchouc et la taille des boîtiers a été revue à la hausse. Côté boutiques, la décoration changera dès l'année prochaine. On en compte une centaine en nom propre dans le monde. Et si la Suisse demeure orpheline dans ce domaine, une prochaine ouverture n'est pas à exclure. “Il nous faut trouver le bon emplacement...” Quant à la communication, elle sera plus fashion, plus artistique, avec un site tout neuf d'ici cet automne. “Nous sommes en train de renforcer notre équipe s'occupant des réseaux sociaux.”

Reste la question de Baselworld, cette foire horlogère et joaillière internationale qui a lieu tous les printemps et qui est une étape clef pour le marché. “Nous étions présents jusqu'en 2007, raconte le directeur. De 2008 à 2010, nous avons exposé à l'hôtel Richemont à Genève afin d'avoir un cadre plus exclusif pour nos 25 ans. Mais les gens ont commencé à se plaindre et à s'inquiéter de notre absence au salon. Nous y sommes donc retournés en 2011. Ce fût un grand succès! Cela a même participé à l'accroissement de notre chiffre d'affaires: + 30%. et cette année, nous sommes bien partis pour faire pareil.” Il semblerait même qu'une petite avance ait déjà été prise. Affaire à suivre...



En 3 dates...

8 septembre 2011... la naissance de ma fille Siena
Été 1996... post-baccalauréat: le meilleur été. Une nouvelle vie commence
Avril 2002... arrivée à Pékin, le début de mon aventure asiatique qui me permettra en septembre 2007 de rencontrer Philippe Charriol

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