Philosophie horlogère

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Horlogical philosophy - Speake-Marin
Baselworld - Speake-Marin, la marque, parle pour Peter, l'homme. Ses pièces sont ses créations personnelles, sa vision de l'horlogerie et possèdent toute sa griffe.

Peter Speake-Marin est le premier à avouer « avoir vu certaines marques reprendre de mes signes distinctifs, mais les laisser mourir car un ADN ne se greffe pas : ces plagiats meurent seuls tous au bout de quelques mois ».
Pourtant, celui qui a consacré les 25 dernières années à sa passion, dont la moitié pour créer sa propre marque, prend aujourd'hui du recul sur sa vie, son travail, sa famille. Peter Speake-Marin livre ici ses réflexions sur sa trajectoire tant personnelle que professionnelle, de celles qui donnent un jour nouveau sur les pièces présentées à Baselworld.


Olivier Müller : Quelle est l'origine de la Triad ?
Peter Speake-Marin: J'ai constamment de nouvelles idées, comme la Triad, et mon but est d'en réaliser le maximum. La différence par rapport aux années précédentes, c'est qu'aujourd'hui, je commence à avoir une vision de stratège. Je ne me concentre plus nécessairement sur tel Quantième Perpétuel ou tel Tourbillon, mais sur l'originalité de la pièce, que la technique doit servir.

 

 

 

 

 

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Pourquoi le chiffre 3 ?
Le trois est l'équilibre. N'importe quel meuble avec deux appuis au sol vacille. Ajoutez un troisième pied à une table, une chaise, un tabouret, ils seront stables. On retrouve cet équilibre dans la montre et c'est cela qui m'a attiré. Ce chiffre incarne la stabilité.

C'est également une réflexion directe sur ma vie. Le trois évoque la jeunesse, puis l'âge adulte et enfin la maturité. Ce sont également les trois générations dont je suis actuellement le centre : mon père, moi, mes enfants. Mes enfants incarnent l'avenir, je suis à l'âge adulte alors que mon père est déjà très âgé. C'est à la fois très personnel et différent pour chacun d'entre nous.

La Triad incarne cette vision. C'est une pièce qui a une force, quelque chose que je ne peux pas expliquer. Elle invite à une interprétation très personnelle.

En revanche, ce que je n'avais pas anticipé, et dont je m'aperçois maintenant que la pièce est entre mes mains, c'est qu'elle renforce la valeur de chaque minute. Voir ces trois mouvements souligne autant l'échappée du temps que cela attire l'attention sur la force de chaque instant.


Pourquoi tant de réflexion, à ce stade de votre vie ?
Parce que j'ai le sentiment d'avoir justement vécu plusieurs vies ! A 45 ans, j'ai fait tellement de choses, vécu dans deux pays, traversé la planète plusieurs fois, travaillé pour Renaud & Papi, Maximilian Büsser, Harry Winston, Les Maîtres du Temps, etc. Cela me fait réfléchir.

Il y a un adage anglais qui dit « Life is time, time is life ». Il faut saisir ces différents temps de la vie. Jeune, on fait plein de bêtises mais on ne conçoit pas la mortalité. A mon âge, on commence à la percevoir. C'est une approche philosophique, que j'ai notamment évoquée avec la Skull : nous sommes tous mortels. Le dire est une évidence, le sentir au plus profond de soi en est une autre.

 

 

 

 

 

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Comment adapter la marque, que les amateurs se sont largement appropriée, aux évolutions de l'homme qui la porte ?
Peter Speake-Marin est une marque jeune mais aux fondations solides. Les Marin, Resilience, etc., sont nos piliers sur lesquels je me fonde pour construire l'avenir. Le tout, pour pouvoir avancer, c'est de ne pas avoir peur d'être différent. C'est une approche risquée car elle amène à se remettre perpétuellement en question. Alors oui, il y a un risque que le public ne saisisse pas toujours ma démarche, mais qui n'avance pas...recule.


Peut-on un jour vous imaginer poursuivre ces réflexions dans un autre domaine que l'horlogerie ?
Je suis en train de refaire ma maison et cela me donne effectivement une vision de l'architecture que je trouve très stimulante.

L'architecture, la mécanique horlogère, ce sont des choses tangibles. La philosophie, elle, est par nature intangible. Elle ajoute une nouvelle dimension à l'horlogerie ou à l'architecture, qui est effectivement un domaine qui me plait.

Mais, honnêtement, j'ai commencé l'horlogerie à 17 ans et j'en ai 45. C'est ma vie. J'ai travaillé dans la gestion de projet, la vente, le marketing, le consulting, j'ai fait beaucoup d'autres choses. Mais je suis horloger. Et je le serais toujours. D'ailleurs, si vous voulez tout savoir, dans nos bureaux, je viens de déménager la totalité de mes affaires dans l'atelier...


Et demain ?
Demain, je suis convaincu que Speake-Marin pourra vivre sans Peter. C'est une marque dotée d'un ADN original. Elle vivra plus de 100 ans ! Nous ne sommes pas un gimmick, mais une représentation durable de ce que je suis.


Pensez-vous justement à cette empreinte que vous pourrez laisser ?
Non. Ce n'est pas important. La famille, les amis : voilà ce qui est important.

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