D'accord, on a tout entendu sur la manufacture Seiko. Diabolisée pour avoir été prétendument à l'origine de la crise horlogère des années 70, elle voit souvent son travail ignoré par les spécialistes de la branche. Les prétextes invoqués, pour le moins fallacieux, sont le reflet de vieux griefs historiques, non fondés. Mais qu'importe ! La marque japonaise lancée en 1881 par Kintaro Hattori -véritable horloger des antipodes- ne sera plus, comme par le passé, au rez-de-chaussée dans la Halle 1 de Baselworld, mais au premier étage. Qu'importe finalement son emplacement, sa capacité à anticiper l'avenir horloger demeure entier et ceux qui s'intéressent à ses créations, toujours de fort belle facture et avant-gardistes, sauront où la trouver.

Célébrer pour se rappeler
Mais, cette année, lui rendre visite s'impose car la maison nippone fête un anniversaire important : celui des cent ans de sa première montre-bracelet. En effet, elle proposait la première en 1913. Baptisée Laurel, elle était destinée à concurrencer les modèles d'importation en provenance des Etats-Unis (Hamilton, Waltham…) ou de Suisse. Dans les faits, l'entreprise japonaise entendait bien conserver sa place de premier horloger insulaire. A peine 10 ans plus tard, elle apposait sur ces mêmes cadrans la marque Seiko et intensifiait la production de montres-bracelets que cette société, déjà en avance sur son temps, présentait comme un produit d'avenir. Les amateurs friands de grandes dates retiendront celle de 1960 comme correspondant au lancement de la collection Grand Seiko. Cette gamme recèle de vraies merveilles. On notera cette année en son sein la présence d'un modèle « vintage » inspiré d'une référence de 1967 ; celle-là même qui a imposé le « Style Seiko » dans l'univers du design horloger. Pareillement, la marque n'a pas seulement lancé en 1969 la première montre à quartz de série (qui lui a valu de se faire haïr par la profession). Elle produisait également un chronographe automatique à remontage Pellaton (une première) et à embrayage vertical (une autre première). Toutes ces inventions devaient être suivies par celle du LCD en 1973 et par la mise au point du Kinetic en 1988. Ce mouvement associant une partie mécanique pour le rechargement de la batterie et une partie à quartz pour l'affichage, fête cette année ses 25 ans. L'occasion pour Seiko d'apporter une petite amélioration à son calibre qui séduira les amateurs, d'autant que la marque fera un vrai effort en matière de tarification sur cette technologie.

Le futur est en marche
En 2005, la marque présentait la montre Spring Drive, une référence dont l'énergie fournie par un ressort contenu dans un barillet -comme les montres classiques-, est régulée par un organe rotatif et innovant piloté par un système appelé « Tri-synchro ». Cette association originale permet à ces pièces travaillées dans les règles de l'art et montées par des maîtres horlogers en toutes petites séries, d'atteindre une précision remarquable, pratiquement égale aux montres à quartz. Et puis, l'an passé, la manufacture japonaise qui ne cesse de se projeter dans le futur, dévoilait une innovation supplémentaire avec l'Astron (nom emprunté à la première montre à quartz de série lancée en 1969). Cette montre dotée d'un récepteur GPS à faible consommation d'énergie, développé et breveté par Seiko pour permettre à son porteur d'être à l'heure juste partout dans le monde sans qu'il ait à s'en soucier (39 fuseaux référencés) et alimentée par énergie solaire (par les capteurs du cadran), sera proposée en série limitée à 5 500 exemplaires avec un ex-libris sur le fond portant l'emblème « S » de Seiko déposé en 1900 par le fondateur de la manufacture…
