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Leroy - La marque confirme son virage «chronométrique»

Leroy La marque confirme son virage «chronométrique»

Le CEO Olivier R. Müller explique à WorldTempus comment Leroy compte se distinguer sur le terrain très occupé de la chronométrie.

La « chronométrie » s’affirme aujourd’hui comme l’histoire porteuse de toute la stratégie Leroy. Le segment est déjà très occupé, mais Leroy s’y engage avec de solides arguments qu’Olivier R. Müller, CEO, décrit à WorldTempus. L’on y apprend aussi l’arrivée du prochain calibre, le L300, suivi de grandes complications, évidemment intitulées « 01 ».

Leroy reconstruit son histoire, comme tant d’autres l’ont fait à partir de noms plus ou moins connus de l’hagiographie horlogère : Julien Coudray, Breguet, Louis Moinet, Bovet, Emile Chouriet ou, bientôt, Ferdinand Berthoud. Sur le principe, l’entreprise est louable et peut être promise au succès dès lors que l’histoire raconte l’Histoire, que le produit est cohérent par rapport au territoire de la marque.

Olivier R. Müller a patiemment travaillé le sien depuis plusieurs années. Régulièrement, on en voit émerger quelques signes concrets : rapatriement de la production en Suisse, suppression du « L. » qui précédait « Leroy », accent mis sur l’histoire de la lignée Leroy, etc. Et, fin 2014, le choix d’une thématique maîtresse pour la marque dans son ensemble : la chronométrie.

Bonne nouvelle, le thème couvre effectivement son histoire depuis Julien Le Roy (1686-1759) suivi de Pierre (1717-1785). Mauvaise nouvelle, le thème de la chronométrie est déjà largement embouteillé. Olivier R. Müller explique à WorldTempus comment Leroy compte s’y distinguer.

Leroy

Pourquoi avoir choisi le terrain de la chronométrie, passablement encombré ?
Parce que nous y sommes les plus légitimes avec Ferdinand Berthoud, que le groupe Chopard devrait relancer prochainement. Julien et son fils Pierre Le Roy sont les pères de la chronométrie moderne, avec des créations décisives aussi bien pour le chronomètre de pont que de marine. Il est d’ailleurs amusant de noter que la compétition entre Leroy et Berthoud sera ainsi peut-être relancée, trois siècles après la querelle initiale.

Comment cela ?
Berthoud détestait cordialement Leroy. Il a passé un temps considérable à le discréditer, avec d’ailleurs un certain succès puisqu’à l’époque, le doute a pu planer sur le génie créatif de Leroy. La querelle n’a toutefois pas duré longtemps. Tous les historiens ont admis au fil des siècles que si Berthoud a effectivement appliqué avec beaucoup de minutie un grand nombre d’inventions, les grands principes de la chronométrie ont été pensés et posés par Leroy.

La chronométrie Leroy serait donc plus légitime que d’autres ?
Elle l’est, oui, par essence. Nous aurions pu choisir bien d’autres terrains d’expression, comme la montre de marine ou la montre automatique de bracelet, dont on doit également la paternité à Leroy. Mais pour ce dernier thème, par exemple, il y a déjà énormément d’acteurs en place, avec des moyens considérables. Il nous fallait un positionnement différenciant et cohérent avec notre histoire. La chronométrie l’est.

Il y a huit mois, vous nous indiquiez vouloir conserver au moins un modèle des anciennes collections (lire notre article). Est-ce toujours d’actualité ?
Non, et pour deux raisons. La première est que nos anciens modèles se sont tous bien vendus. Concrètement, cela veut dire que je n’ai pas de stocks à gérer et peux donc conduire ces modèles en fin de vie sans risque d’exploitation.
Seconde raison : il n’aurait pas été cohérent de conserver ces modèles, dont certains sur base Vaucher, face aux deux calibres manufacture que nous venons de développer. Nous avons tenté par le passé de devenir une marque institutionnelle généraliste. Ce fut un échec commercial complet. Pour rejoindre la cour des Romain Gauthier, Kari Voutilainen, Greubel Forsey, Laurent Ferrier, il fallait faire table rase.

Leroy

Pari risqué...
...mais assumé. Nous avons mis les moyens en face, avec nos calibres L100 et L200, entièrement développé en interne, échappements et spiraux compris. La chronométrie est l’histoire qui va porter ces pièces, ainsi que les suivantes.

De quelle manière ?
Nous allons certifier la totalité de nos pièces à l’Observatoire de Besançon. Le calibre L300 est déjà presque terminé. A moyen terme, nous allons même revenir sur le terrain des grandes complications, avec une collection 01, hommage évident à la fameuse Leroy 01. Je serai probablement à la retraite, mais notre feuille de route s’étend jusqu’en 2022...

Reste à y faire adhérer le client final...
J’y crois. Le thème de la chronométrie est véritablement un argument commercial, notamment en Chine ou à Hong-Kong, pour qui la démarche importe autant que la précision certifiée de la pièce. Nous allons d’ailleurs adapter notre réseau de distribution en conséquence, lequel n’excédera pas plus d’une cinquantaine de points de vente, à l’avenir.
 

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