Eloge du travail manuel

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Eloge du travail manuel - Julien Coudray 1518
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Marque toute récente, Julien Coudray cache derrière elle une manufacture complète. 40 métiers y sont réunis au service d'une horlogerie traditionnelle, manuelle et sans compromis.


WORLDTEMPUS – 4 Décembre 2012

David Chokron



Connaissez-vous Julien Coudray ? Pas l'homme, qui vécut il y a 500 ans à Blois, où il fit partie des précurseurs de l'horlogerie dans la France de François 1er. Mais la marque Julien Coudray, qui a été nommée en hommage à ce qu'il représente ? Rien d'étonnant à ce que la réponse soit non : elle n'a commencé à exercer que cette année. Encore une nouvelle venue dans le concert des marques horlogères, et très haut de gamme qui plus est, vu que son modèle à trois aiguilles se négocie plus de 60 000 francs dans sa version la plus élémentaire. Qu'est-ce qui peut permettre à ces inconnus de prétendre à de tels tarifs ?

 

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Incognito

Avant tout, s'il est inconnu, Fabien Lamarche ne l'est que du grand public. Il a exercé chez THA (avec François-Paul Journe et Denis Flageollet), chez Zenith et bien d'autres avant de fonder IMH. Ce fournisseur de composants est aussi bureau technique, spécialisé dans la résolution de problèmes et l'exécution industrielle de concepts horlogers auxquels il faut donner une consistance. A l'entendre, il a travaillé pour la quasi-totalité des marques suisses à qui il a fourni son expertise, le travail de ses machines et son temps, lui qui ne dort que deux ou trois heures par nuit. D'autre part, à force de fréquenter les grands de ce monde (le monde horloger), il a pris goût à l'excellence et a décidé de l'incarner dans une marque. Mais il ne s'agit pas d'un concept marketing, plutôt d'un véhicule qui permet de faire passer le message d'une horlogerie manuelle. Artisanal, abouti et libre, Julien Coudray crée des montres exceptionnelles et au passage, échappe à l'anonymat de la sous-traitance.

 

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Une famille en or

Elles sont deux références. La Manufactura 1528 donne heures, minutes, secondes avec une durée de marche de 55 heures. La seconde, Competentia 1515, est 4 mm plus large avec ses 43 mm de diamètre. Elle y ajoute un régulateur à tourbillon, une indication jour/nuit au dos et un indicateur de réserve de marche situé à huit heures. Les mouvements sont comme les boîtiers : tous réalisés en or pur, jaune, rouge ou gris. Contrairement à un alliage, qui se dilate à la chaleur et demande une composition spéciale, l'or 24 carats est stable. L'autre choix est celui d'un mouvement en platine, plus rare, plus lourd et tout aussi intéressant à travailler. Si le premier est facile à graver à la main, le second l'est bien moins. Car tous les calibres Julien Coudray présentent une architecture de pont-platine, très couvrante, très fermée, offrant une surface plane prête pour accueillir les volutes renaissance du graveur. Comme pour une large partie de l'habillage, il travaille sur-mesure, selon le souhait du client.

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Haute horlogerie manuelle et classique

Mais il ne représente qu'un des 40 métiers que la manufacture maitrise. Le mot est lâché, manufacture, lui qui fait tant débat. Or Julien Coudray conçoit tout, usine tout, décore tout, sauf pierres, glaces et cuirs. Cadrans et aiguilles sont faits maison. Les premiers sont en émail grand feu et plique-à-jour (une variante du cloisonné, sans substrat en or, au résultat translucide). Les secondes sont bleuies à la flamme, individuellement. L'horloger règle à la main, ajuste, reprend. C'est lui qui pose ce disque qui porte une petite goutte d'huile, visible dans une ouverture sous le midi. Elle indique un cycle de 4 années de marche, au terme duquel il faut rapporter sa montre pour une révision. Être à l'épreuve du temps suppose ce soin-là, même pour un mouvement en or.

 

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