Le Matin - 15 février 2012
Renaud Michiels
Ils viennent d'entrer dans le «Guinness Book». Et arrivent en magasin. Ce sont des téléphones, mais pas de vulgaires natels. Pour le moins cher, comptez 14 000 dollars (près de 13 000 francs), selon le Huffington Post. Si vous préférez un modèle en or, 18 carats, ce sera un peu plus de 45 000 francs. Pour le top du luxe, avec des diamants incrustés, il s'agira de débourser quelque 120 000 francs. C'est pour ces prix tout à fait époustouflants que la gamme développée par la marque Ulysse Nardin, du Locle (NE), vient d'entrer dans le «Livre des records». Titre obtenu: «Plus cher téléphone mobile en série».

«Smartphones hybrides»
Mais pourquoi un tel prix? Ces petits bijoux, présentés comme «les premiers smartphones hybrides de luxe», sont nés du mariage de l'horlogerie haut de gamme et de la téléphonie. Tous sont d'abord des montres, contenant une mécanique de précision digne des plus belles toquantes. Le mécanisme conçu à la main est visible au dos de l'appareil. Et la gamme peut même se vanter d'être écolo: le rotor de la montre automatique nourrit en partie la batterie.
Côté téléphone, on trouve un équipement digne des derniers smartphones, écran tactile (et touches digitales), 3G, appareil photo performant. Mais le bijou fonctionnant avec Android affiche une particularité digne de son rang: il vérifie l'empreinte digitale de son propriétaire pour se déverrouiller.
La gamme nommée Chairman (le directeur général, le président) comprend 11 modèles, qui seront chacun produits à 1846 unités en référence à l'année de naissance d'Ulysse Nardin. Plus celui en diamants, dont il n'existera que 100 modèles.
Les prototypes de ces hybrides de luxe ont été présentés à la foire horlogère Baselworld en 2009 déjà. Mais les premiers modèles sont actuellement livrés aux Etats-Unis. Europe, Russie, Asie vont suivre. La marque suisse a en fait cédé la licence à son partenaire américain, Scientific Cellular Innovations (SCI), qui s'occupe de la vente et de la promotion. Des milliers de commandes seraient déjà enregistrées, selon Bobby Yampolsky, cofondateur de SCI. Qui ne fait pas semblant de prétendre que ses montres-téléphones sont pour le commun des mortels. «Nous avons essayé de créer quelque chose d'unique, un luxe, un jouet pour hommes. Il n'y a pas si longtemps que les montres sont devenues des symboles de statut social. Maintenant, nous pensons qu'il est temps que les téléphones portables le deviennent aussi.»
