L'Agefi - 16 mars 2012
ats
TAG Heuer, en mains du français LVMH, lance de nouveaux produits, multiplie les boutiques et accroît ses capacités de production. «Notre croissance sur le premier trimestre nous permettrait de franchir le cap du milliard de francs, mais il reste encore neuf mois», commence par affirmer prudemment Jean-Christophe Babin, président et CEO de TAG Heuer, dans le cadre de Baselworld. «Mais nous avons encore des sources de croissance inexploitées par rapport à d'autres marques, c'est pour cela que je reste optimiste», ajoutet- il, alors que le chiffre d'affaires de l'horloger a progressé de plus de 20% l'an passé.
Les femmes, qui ne représentent que 30% des affaires de TAG Heuer, offrent clairement ce potentiel de progression. «L'objectif est de porter cette part à 40%», affirme Jean-Christophe Babin, aux commandes de la marque depuis un peu plus d'une dizaine d'années. Ce dernier compte beaucoup sur la ligne féminine qui vient d'être lancée en grande pompe au salon bâlois par Cameron Diaz.

Tranchant avec l'esthétique sportive habituelle de TAG Heuer, la nouvelle ligne comprend une vingtaine de modèles, dont les prix s'échelonnent entre 2100 et 20.000 francs. Cette fourchette est plus élevée que pour l'essentiel des montres de la marque, commercialisées entre 1200 et 7000 francs.
La Chine constitue l'un des grands objectifs de cette année. L'entreprise y réalise moins de 10% de ses ventes, alors que Swatch Group dans son ensemble y revendique officiellement 35% de son chiffre d'affaires. Tout en estimant que TAG Heuer aurait la capacité pour y générer plus de 50% de ses ventes, Jean- Christophe Babin se fixe à terme un objectif «raisonnable» de 20% à 25%. La dizaine de magasins que la marque entend inaugurer en 2012 dans le pays doit contribuer à augmenter cette proportion.
Au total, TAG Heuer veut ouvrir cette année 35 nouvelles boutiques. L'horloger prévoit notamment deux magasins en Suisse - où il n'en a pour l'heure aucun - l'un à Genève et l'autre à Lucerne. A fin 2012, il comptera en tout quelque 160 points de vente exclusifs, ce qui en fait la deuxième marque horlogère sur ce plan derrière Omega (250 boutiques à fin 2011 pour la marque de luxe de Swatch Group). A lui seul, ce réseau devrait générer 25% du chiffre d'affaires de TAG Heuer à fin 2012, estime Jean-Christophe Babin.
La société, fondée il y a plus de 150 ans, a entrepris de se diversifier depuis quelques années dans les lunettes, la petite maroquinerie et désormais la téléphonie mobile. Elle lance à Bâle un nouveau smartphone de luxe, qui vient s'ajouter aux deux lignes existantes. Environ 15.000 pièces devraient être produites en 2012.
L'appareil se vend entre 3200 et 10.000 francs. La marque a abaissé son prix d'entrée de gamme d'un millier de francs environ afin d'élargir le cercle des consommateurs. Ce développement coûte cependant cher, dans un contexte où le franc pèse de tout son poids et où les matières premières s'envolent. TAG Heuer a relevé par deux fois ses prix en 2011 et procédé à une nouvelle hausse début mars. L'augmentation a atteint 10% environ en 2011.
