Investissements et créations d'emplois

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Le groupe paie un million de francs d'impôts par jour ouvrable. Mais une de ses divisions tire la langue.


Tribune de Genève - 2 mars 2012

Roland Rossier 



En fermant les yeux, on croirait entendre son père, disparu en 2010. Même ton, mêmes idées, même énergie, même gouaille. Surtout lorsqu'il s'agit de se gausser des analystes financiers et des banques. Nick Hayek a commencé sa conférence de presse de bilan, hier à Genève, en expliquant pourquoi il avait choisi un mur en couverture du rapport annuel du groupe qu'il dirige. «Cela montre la solidité de notre entreprise.» Et, clin d'œil aux insoumis de la part d'un patron qui aime les drapeaux de pirates, bien noirs, le slogan «Occupy your people» figure aussi sur ce document.

Après cette entrée en scène, Thierry Kenel, directeur financier de Swatch Group, égrène les bons chiffres de l'exercice 2011: ventes en hausse de 21,7%, à 7,1 milliards, bénéfice net en progression de 18,1%, à 1,2 milliard. Ce qui permet de verser un dividende de 1,15?franc par action (+15%). Et de payer 335 millions de francs d'impôts par an, soit environ un million par jour ouvrable.

 

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Le groupe va-t-il continuer sur sa lancée? Oui. Nick Hayek: «Nous avons enregistré une croissance à deux chiffres pour les deux pre miers mois de l'année.» Des résultats encourageants qui se retrouvent dans plusieurs marchés. En Chine, bien évidemment, qui pèse déjà 39% des revenus du groupe biennois, ce qui est énorme (voir infographie) . Mais aussi, ce qui est plus surprenant en regard de l'état de santé de ce pays, en France. «La croissance de nos ventes s'est faite avec un pourcentage à deux chiffres en janvier et février», a lâché Florence Ollivier-Lamarque, notamment en charge de ce marché au sein de la direction générale. Le marché italien se porte aussi comme un charme, a ajouté la Française alors que Marc A. Hayek, notamment responsable des marques Breguet et Blancpain, a annoncé la prochaine ouverture d'un magasin à Milan.

Après ce tour d'horizon, Nick Hayek a repris les commandes de la conférence. Tout comme son père ne cessait de le marteler, le CEO du premier groupe industriel horloger de Suisse a répété l'importance de l'outil industriel sur lequel s'est bâti ce groupe. L'an dernier, Swatch Group a ainsi investi 530 millions de francs, un bond de 239 millions par rapport à 2010. Sur ce montant, ce sont les activités de production qui se sont taillé la part du lion, avec 232 millions de francs.

En revanche, les activités regroupées dans la division «systèmes électroniques» continuent à être le parent pauvre: 12 «petits» millions y ont été injectés en 2011, à peine 2 de plus qu'en 2010. Cette division a notamment souffert de la faiblesse de la monnaie américaine car, a résumé Thierry Kenel, «les contrats sont faits en dollars». Ses revenus ont baissé de 23,6%, à 336 millions, et son bénéfice brut s'est écroulé de 78,7%, à 13 millions.

Cette division, qui regroupe en particulier EM Microelectronic (semi-conducteurs) à Marin (NE), Micro Crystal (quartz) et Oscilloquartz, est-elle dès lors aussi stratégique que les autres? «Oui», a répondu Nick Hayek, en relevant en particulier les enjeux industriels de ces entreprises qui livrent à des géants tels que Samsung ou Nokia. Le groupe biennois tient mordicus à garder cette division.

Nick Hayek a aussi insisté sur le nombre d'emplois créés en un an: 2831. Une tendance qui va continuer, Swatch Group ayant encore besoin, uniquement en Suisse, de 500 à 1000 collaborateurs supplémentaires.

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