Tribune de Genève - 21 février 2012
Katarzyna Gornik, avec les agences
Un lieu de production, une zone de rencontre et des musées. C'est le projet dévoilé hier par le groupe Swatch à Bienne. Les travaux devraient débuter en novembre et se terminer en 2015.
Le site abritera un nouveau siège pour le groupe Swatch et un espace muséal, dédié à sa marque phare Omega qui sera également dotée d'une nouvelle manufacture, destinée à héberger les ateliers de terminaison, des espaces de formation et des bureaux pour les services correspondants. Un chemin didactique est en outre prévu, afin de donner un aperçu de la production aux visiteurs.

Le rêve de Nicolas Hayek
Au programme figurent aussi un musée dédié à Swatch et un autre, rien que pour la Swatchmobile, concept pionnier de voiture «électrique» et recyclable, lancé dans les années 90 par feu Nicolas Hayek. Un rêve qui a finalement pris corps sous la forme de la Smart commercialisée par Mercedes, mais sans propulsion électrique et surtout à un prix autrement plus prohibitif que celui imaginé par le fondateur de Swatch Group (qui devait être de moins de 10 000 francs).
L'extension, représentant un investissement de plus de 100 millions de francs, avec la promesse de plusieurs centaines d'emplois supplémentaires, a été accueillie avec enthousiasme par les autorités du Canton de Berne, ainsi que de la Ville de Bienne. Pour Andreas Rickenbacher, directeur de l'économie publique du Canton, ce projet renforcera encore ce dernier comme site d'implantation. Car l'industrie horlogère est un secteur essentiel dont dépendent directement quelque 7000 emplois dans le canton, revêtant également une grande importance pour nombre de fournisseurs de l'industrie de précision.
Rolex, rival attitré
Ce contentement fait écho à celui déjà manifesté par les autorités lorsque Rolex — en rivalité perpétuelle avec Omega — avait annoncé, en 2008, son intention de se lancer dans une extension qualifiée à l'époque de «plus grand chantier privé de Suisse». A savoir la construction d'une nouvelle manufacture regroupant sur un seul site toutes ses activités.
Le projet de Rolex, dont la pose de la première pierre date déjà de 2009, représente un investissement estimé à 200 millions de francs (une donnée non confirmée par la société à la couronne). Le site, qui devrait être inauguré en automne 2012, pourrait accueillir 300 à 500 collaborateurs.
Bienne n'est pas la seule à profiter de la santé de la branche, qui va investir en 2012 jusqu'à 685 millions selon le magazine Bilan , dans toute la Suisse romande.
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La rue des montres
Rolex aura bientôt pignon sur la fameuse Bahnhofstrasse, à Zurich, au numéro 17 plus précisément. Pour l'anecdote, plus le numéro est bas, plus l'emplacement y est considéré comme prestigieux… La marque genevoise y remplacera à l'automne la maison de textile française Devernois, dont les collaborateurs ont reçu leur congé pour la fin du mois, comme l'écrit le Tages-Anzeiger . Devernois était présent sur la Bahnhofstrasse depuis 2004.
La boutique Rolex sera gérée par la maison Bucherer, elle-même présente au numéro 50 de l'artère zurichoise. Ni Rolex ni la Banque Cantonale de Zurich (BCZ), propriétaire des lieux, n'ont souhaité communiquer le montant du loyer.
Les montres de luxe prennent de plus en plus de place sur la Bahnhofstrasse. L'an dernier, Piaget et Patek Philippe ont ouvert leurs propres enseignes, délogeant notamment un fleuriste de standing. Au total, l'avenue accueille 28 magasins de montres répartis sur 1,4?km.
T.D.
