Au 30 septembre 2011, on comptait 52'803 personnes actives dans le secteur horloger et microtechnique, soit 4'255 de plus que l'année précédente. C'est ce qui ressort du recensement annuel de la branche réalisé par la Convention patronale de l'industrie horlogère suisse (CP). C'est la première fois que les chiffres remontent la pente depuis trois ans, après la perte de 4'203 unités (-7,9%) en 2009 et le léger tassement enregistré en 2010 (-1,1%). Le nombre de sociétés a quant à lui baissé de 23 unités (-3,8%) et passe de 596 à 573; un résultat a priori en contradiction avec ceux qui précèdent, mais qui s'explique notamment par les évolutions de la branche (fusions, absorptions, cessations d'activité, faillites).
Ces résultats positifs reflètent la bonne marche des affaires du secteur: l'industrie horlogère et microtechnique, disposant de structures saines avec des capacités de production élevées et une bonne résistance aux aléas conjoncturels, connaît une situation comparable aux années de forte croissance 2007 et 2008.
L'effectif 2011 est le deuxième le plus élevé depuis 1978, le premier étant le millésime record de 2008 (avec 53'300 personnes). Entre deux, il faut rappeler que les chiffres sont descendus en dessous de la barre de 30'000 à l'issue de la crise horlogère (29'809 travailleurs en 1987) pour ensuite régulièrement remonter la pente dès la fin des années 90. En dix ans, le secteur a gagné près de 12'000 travailleurs.
Quant à la répartition géographique, le trio de tête des cantons de l'Arc jurassien reste le même que celui en vigueur depuis bon nombre d'années; il est formé par Neuchâtel (27,7%), Berne (20,3%) et Genève (17,1%). Viennent ensuite le Jura (9,8%), Vaud (9,2%) et Soleure (7,4%). En 2011, la progression des effectifs s'est effectuée essentiellement dans les cantons de Neuchâtel (+1'298), Berne (+1'091) et Jura (+545). Les six cantons précités représentent près de 92% des 573 entreprises du secteur.
Le détail par catégorie de personnel affiche des résultats attendus: le personnel de production, première catégorie d'embauche en période de bonne conjoncture, voit augmenter ses effectifs de 9,9% (+3'535). Pour mémoire, c'était cette même catégorie – incluant, en plus des travailleurs en atelier, tout le personnel lié à la recherche et au développement – qui avait été la plus touchée en 2009 avec 10% de travailleurs en moins (-3'940) et avait encore subi une perte en 2010 (-570 emplois). Mis à part le personnel de direction (1'555 employés, -3,2%), les autres catégories affichent également des taux positifs: personnel administratif (11'719, +6,7%), personnel à domicile (286, +12,2%) ainsi que le personnel de production précité.
La branche peut s'enorgueillir une nouvelle fois de chiffres très réjouissants quant au niveau de qualification de ses travailleurs. On constate que, lentement mais sûrement, la proportion de travailleurs non-qualifiés baisse. De 2010 à 2011, elle passe de 37% à 36,6%. Alors qu'il y a vingt ans on comptait deux tiers de non-qualifiés contre un tiers de qualifiés, ces proportions se sont désormais inversées. Les travailleurs qualifiés représentent 61,5% des effectifs totaux (45,2% au bénéficie d'un diplôme de métier et 16,3% avec une formation supérieure).
Bien que toujours plus de jeunes plébiscitent les formations horlogères, le nombre d'apprentis (965 jeunes) effectuant leur formation en entreprise (apprentissage dual) n'a pas bougé depuis 2010. La part de cette catégorie a même baissé, passant à 1,9% contre 2,1% en 2010. Ces résultats décevants ne doivent pas faire oublier les efforts consentis par les entreprises formatrices. Ces efforts ont été particulièrement significatifs dans les «bonnes années»: en 2007, où on avait relevé plus de 18% de hausse de postes d'apprentissage, et en 2008 avec plus de 4%.
En ce qui concerne l'affiliation des entreprises horlogère et microtechnique au système conventionnel de la branche, soit à la Convention collective de travail (CCT) cosignée avec les syndicats, on note une rigoureuse stabilité en termes d'effectifs. Le taux de travailleurs exerçant leur activité dans des sociétés soumises à la CCT reste fortement majoritaire avec 85,7% (même chiffre qu'en 2010). En chiffres absolus, cela représente 45'268 personnes sur un total de 52'803. Quant à la part des entreprises, on note une baisse quasi insignifiante (0,6 point) par rapport à 2010 (de 72,3% à 71,7%), soit 411 entreprises sur un total de 573. Le secteur reste un des secteurs économiques les plus conventionnés avec près de trois quart du tissu industriel sous régime de la CCT.
Les chiffres précités sont disponibles dans une brochure publiée par la CP: www.cpih.ch, rubrique Documentation, onglet Documents à télécharger.
