Les téléphones de luxe sur la bonne voie

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#wtbasel/ Plusieurs sociétés présentent des mobiles hors de prix, avec en plus le savoir-faire horloger.

 


Tribune de Genève - 9 mars 2012

Katarzyna Gornik



«Money money money/Must be funny/In a rich man's world», chantait Abba. Ce n'est pas Bobby Yampolsky qui donnera tort au groupe suédois. Ce golden boy américain d'origine russe est à la tête de Scientific Cellular Innovations, une société basée en Floride qui fabrique des smartphones de luxe baptisés Chairman pour l'horloger neuchâtelois Ulysse Nardin.

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Ce trentenaire est également propriétaire, avec son père, de nombreuses boutiques californiennes spécialisées dans les bijoux et les montres. Un véritable empire. Bobby Yampolsky sait comment faire dépenser de l'argent à ceux qui en ont beaucoup. Son nouveau dada? La création et la distribution de la gamme Chairman. Vendus entre 115 000 et 140 000 euros (pour les modèles sertis de diamants), ces téléphones font la nique à Apple et à son iPhone.

Il fonctionne avec Android et fait tout comme n'importe quel smartphone. Il comporte en plus un système de reconnaissance de l'empreinte digitale de son propriétaire. Il est en prime doté d'un rotor, un mouvement mécanique inspiré des montres permettant de le recharger. «C'est un modèle exclusif. Notre objectif en 2012 est de n'en produire que 10 000. Il est destiné aux hommes qui ont déjà tout, donc évidemment des montres», sourit Bobby Yampolsky. Le Chairman sera commercialisé dans 70 à 80 boutiques dans le monde. «Nous avons pris notre temps car nous voulions offrir une qualité parfaite.»

Le Chairman sera plus cher que la concurrence. Pas forcément par le contenu, mais ce n'est pas là que se joue la bataille. «Ulysse Nardin possède un pedigree auquel ne peut prétendre Vertu (la marque de luxe de Nokia). Nous proposons un système unique de rotor. Pour le reste, c'est une question de goûts et de couleurs», estime Bobby Yampolsky.

A Baselworld, les concurrents s'appellent Tag Heuer et Celsius. Le premier propose une version en aluminium, à 2800 euros, et une à 8500, en carbone et or rose. Ces modèles devraient être dans les magasins cet été. La société française Celsius, autre acteur de cette nouvelle niche, se montre tout aussi ambitieuse que Bobby Yampolsky. Son œuvre a nécessité cinq ans de développement. Elle est présentée cette année à Bâle.

Elle s'appelle LeDix furtif, ce qui évoque un avion espion. Son prix décoiffe: entre 250 000 et 320 000 euros la pièce, unique, en diamant. Elle renferme un tourbillon volant «excentré» visi ble sur ses deux faces et une charnière brevetée de remontage permettant la récupération et le stockage de l'énergie cinétique générée par l'utilisateur. Chaque ouverture et fermeture du télé phone produit trois?heures de réserve de marche. A quand ce système pour recharger les «vulgaires» iPhone?
 

 

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