IMMOBILIER HORLOGER. Les investissements explosent. Quid en cas de crise?
Les investissements immobiliers réalisés par les sociétés actives dans l'horlogerie se sont multipliés en cette période de haute conjoncture. Dans le vallon de Saint-Imier, dans les FranchesMontagnes comme ailleurs, chaque village a vu ces toutes dernières années une ou plusieurs entreprises construire un bâtiment pour abriter les nouveaux ateliers, les nouvelles machines. Qu'adviendra-t-il de ces investissements quand le cycle se retournera?La tendance serait pourtant déjà au ralentissement. La Fédération horlogère suisse (FH) estime que la croissance des exportations se tassera cette année à 5 à 6%, après un taux record de 16,2% en 2007.Pour l'instant, les sous-traitants ne perçoivent pas de signes de ralentissement, tant la demande est élevée et les efforts à la satisfaire sont importants. Les fournisseurs horlogers n'en peuvent plus. Ils chauffent les troupes à fond. Dans plusieurs entreprises, tous les week-ends du dernier trimestre ont été travaillés. Cela ne suffit toujours pas pour répondre à la demande. «Cette hausse ne peut pas être supportable dans la durée», explique Pierre-Alain Storrer, fondateur de Coloral, entreprise neuchâteloise spécialiste des traitements de surface destinés à l'horlogerie.Après trois années de forte croissance, les locaux deviennent exigus. Parallèlement, investir dans la pierre est considéré «sans risque». Lucilla Bonadei, responsable d'UMC à La Neuveville, fournisseur de paniers de lavage et de découpe de métal réalisés sur demande, reconnaît que «la construction d'une nouvelle usine, plus grande et plus adaptée, a permis de suivre la demande. Reste à trouver du personnel.»