L'Horlogerie, du showbiz avec des rouages

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Jorg Hysek s'apprête à créer une nouvelle marque.

 

 

 

 

 


Revolution #8 - Automne-hiver 2010-2011Marco Cattaneo

Le designer s'apprête à créer une nouvelle marque, épaulé par un groupe important. Il espère bousculer les codes de l'horlogerie et séduire des milliers de clients.

 

 

 

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Vous travaillez aujourd'hui sur un nouveau concept.
Oui, avec l'envie de proposer une montre accessible qui puisse séduire les passionnés, à un prix inférieur à 5'000 francs suisses. Quelque chose de très fort, qui suppose des moyens importants dès le lancement, en tablant sur 4'000 à 5'000 pièces au démarrage. Mais cela ne me préoccupe pas, au début on vend sans peine, le public est curieux. C'est après, quand on arrive sur de gros volumes, que ça devient plus difficile. Dans mon business plan, j'ai prévu de monter jusqu'à 25 ou 30'000 pièces au bout de cinq ans.

 

Vous n'êtes donc pas seul dans l'aventure, pour pouvoir la financer.
Non, je suis entouré d'une dizaine d'actionnaires, et surtout d'un groupe important qui entrera dans le capital de Slyde Watch, ma nouvelle société, à hauteur de 20% environ.

 

Le “ Y ” de Slyde, un nouveau rappel du nom “ Hysek ” ?
Pas du tout, il n'est là que pour des questions de dépôt de marque…

 

Quand cette nouvelle montre sera-t-elle disponible ?
Je la présenterai en janvier, pour un lancement à l'été 2011. Le concept est complètement nouveau, je ne peux pas le dévoiler pour l'instant, mais je sais qu'il provoquera de fortes réactions, y compris dans la profession.

 

S'agira-t-il d'une montre mécanique ?
Non. Ou oui d'une certaine façon. C'est le fruit d'une réflexion : deux ans avant la crise déjà, je pensais que l'horlogerie ne pouvait plus continuer dans la même voie : empiler les complications, mettre un tourbillon, puis deux, puis cinq, c'était devenu du showbiz avec des rouages ! D'un autre côté, en tant que designer, je ne pouvais pas me contenter de proposer une pièce classique avec deux aiguilles.

 

Vous anticipez de fortes réactions. Êtes-vous inquiet ?
Rien ne m'inquiète ! C'est un dossier qui marche comme sur des roulettes depuis le premier jour. Entre les études de faisabilité et les dépôts de brevets, nous avons déjà investi 500'000 francs dans cette montre que j'ai dessinée à Noël 2009, et dont la forme m'a été inspirée par une photo de voiture.

 

Hysek, puis HD3, et maintenant Slyde. Vous vous êtes toujours positionné comme un entrepreneur.
Je savais déjà, lorsque je travaillais chez Rolex, que je finirais par me mettre à mon compte. Ce n'était pas naturel, pour un designer, de se contenter de remplir les armoires. Lorsque je me suis lancé, l'horlogerie était encore peuplée de petites entreprises, quand on appelait, on avait le patron tout de suite au téléphone. Lorsque les groupes se sont formés, la situation est devenue plus compliquée pour les indépendants, les groupes refusaient souvent qu'on travaille pour la concurrence.

 

D'où la création de votre propre marque ?
Oui. J'ai d'abord lancé un stylo à mon nom, à la fin des années nonante. J'ai eu un coup de chance, une grosse commande, 3'000 pièces pour le SIHH. Nous sommes même montés à 10'000 pièces par année, mais les marges étaient faibles, et c'est alors que j'ai créé la montre. J'ai eu des problèmes avec mon partenaire, je n'avais plus de plaisir à aller travailler, alors j'ai revendu mes parts, tout en conservant ma société Team Styling qui s'occupait du design. Cela m'a appris à ne pas choisir mes partenaires à l'émotion.

 

C'était la naissance de HD3.
Oui, un groupe de personnes qui travaillaient ensemble depuis une quinzaine d'années. Nous avons tout de suite enregistré une grosse commande, 6 millions de francs, avec 30% d'acompte. Cela nous a permis d'arriver à Bâle avec des produits, et de faire exister HD3.

 

Qu'en est-il de cette marque aujourd'hui ?
Elle est en veille. Elle a d'abord affronté la crise, puis, surtout, la faillite de BNB Concept qui en assurait la production. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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