24Heures - 26 janvier 2010
Sylvain Muller
Les choses se sont accélérées ce week-end autour de la faillite de BNB Concept SA. Plusieurs éléments ont été révélés, hier matin à Nyon, lors de l'audience du Tribunal d'arrondissement de La Côte, qui devait prononcer la faillite de ce sous-traitant de mouvements de haute horlogerie.
Tout d'abord, le patron de BNB Concept SA, Mathias Buttet, a tenu parole au sujet des treizièmes salaires impayés. Grâce à des ventes de stock réalisées vendredi, il a pu verser leur dû à ses 93 employés.
Deuxièmement, devant la présidente du tribunal, il a expliqué que Jean-Claude Biver, patron d'Hublot, avait été la seule personne à racheter du stock. Et que, outre le paiement des arriérés de cotisations sociales pour un montant de plus de 1 million de francs et les treizièmes salaires, cette opération laissait encore dans les caisses un montant d'environ 700 000 francs.
Une offre pour le parc de machines
Mathias Buttet a aussi confirmé qu'Hublot avait fait une offre pour reprendre l'intégralité du parc de machines, ainsi que 25 à 30 employés, une fois la faillite prononcée.
«On savait depuis quelque temps que Jean-Claude Biver était intéressé, soupirait une ex-employée à la sortie du tribunal. C'est assez normal, puisque c'était notre plus gros client. Mais il aurait été plus courageux de sa part de nous aider à nous en sortir, plutôt que d'attendre notre mort. Enfin, ce sont les dures lois du monde de l'horlogerie.» A noter que la question du paiement des soldes de vacances et des heures supplémentaires n'est pas réglée, alors que certains employés en compteraient plus de cinq cents.
Des nouvelles «plutôt positives»
«Ces nouvelles sont plutôt positives pour les employés, constatait Yves Deferrard, secrétaire syndical d'Unia, mais je regrette que nous ayons perdu autant de temps et que les employés n'aient pas été sollicités, par exemple pour contrôler la façon dont le stock de pièces a été revendu.»
Vendredi dernier, les quelque 30 employés qui s'étaient réunis devant leur ancienne entreprise, à Duillier, ont en effet assisté impuissants à un ballet de grosses limousines et de personnes ressortant des locaux avec des boîtes ou des paquets.
Enquête mandatée par le canton
En 2009, BNB Concept SA a obtenu deux fois de la part du canton le droit d'introduire des réductions de l'horaire de travail (RHT) pour ses employés. Selon la procédure, en signant la demande, les patrons garantissent que leur entreprise est à jour avec ses cotisations sociales. Ce qui n'était vraisemblablement pas le cas pour la société de Duillier. «Avant d'accorder les RHT, nous demandons à voir les chiffres d'affaires des années précédentes et l'état du carnet de commandes», explique Roger Piccand, chef du Service de l'emploi. «La loi sur le chômage ne prévoit pas que nous vérifiions la santé de l'entreprise; donc nous appliquons le principe de confiance. Mais, dans ce cas, nous avons suffisamment d'indices pour mandater les réviseurs du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). De leur rapport dépendront les suites que nous allons donner à cette affaire.»
