L'Agefi - 21 juin 2010
(SP)
Etonnamment, Jean-Claude Biver n'est pas en Afrique du Sud. «Mes collaborateurs y sont. Je m'y rendrai probablement pour la finale». Le 11 juillet, la marque horlogère, chronométreur officiel de la Coupe du monde 2010, invitera ce qu'elle considère comme ses plus importants clients. En attendant, le directeur fait les comptes. Et les effets de l'apparition de la marque sur les panneaux brandis par les quatrièmes arbitres sont déjà largement tangibles.

«La visibilité de la marque reste relativement discrète, estime pourtant Patrick Cotting, CEO du cabinet de conseil en marketing CCI consulting à Fribourg. Et l'immense majorité des personnes qui suivent le football ne connaissent pas cette marque». «Ce n'est pas un handicap. A force de la voir, elles vont l'enregistrer, voire même se renseigner», rétorque Jean-Claude Biver chiffres à l'appui. Depuis le début de la compétition, le site internet de Hublot enregistre chaque jour quelque 60 000 nouveaux visiteurs. Soit 2 millions de visites en 30 jours, extrapole déjà le directeur, qui, pour comparaison, ne manque pas de rappeler que l'entreprise n'écoule «que» 20 000 montres par année.
Après seulement dix jours de compétition, la Coupe du monde semble déjà compter un premier gagnant. Mais au-delà des retombées en termes d'image, le retour sur investissement sera-t-il, lui aussi, à la hauteur des espérances? Le montant de l'opération n'a bien évidemment pas été dévoilé par les deux parties. Et il reste extrêmement difficile à estimer. «La valeur de l'exposition médias doit être comparativement peu élevée ». Même s'il peine à apprécier la montant qu'a bien pu engager Hublot dans cette opération, Patrick Cotting suppose qu'il est inférieur à celui déboursé par les autres marques représentées sur les panneaux publicitaires autour des les terrains.
«Je ne connais pas le tarif de tels partenariats», élude Jean-Claude Biver, lorsqu'on lui demande s'il pense avoir fait une meilleure affaire que les autres sponsors. «Et de toute manière, apparaître aux côtés d'autres marques ne m'aurait pas intéressé». En tant que chronométreur officiel, Hublot participe au jeu à sa façon. Et c'est sans doute sur ce point que le partenariat est particulièrement réussi. Au delà de l'habituel networking qui s'opère dans les salons feutrés des stades sud-africains et de son droit exclusif à utiliser la marque FIFA dans une édition limitée.
Durant les 64 matches que compte la compétition, le nom Hublot sera apparu à plus de 500 reprises. Il y a de quoi pénétrer l'inconscient de quelques téléspectateurs supplémentaires, d'ici au 11 juillet.
