Marie Le Berre

La marque H. Moser & Cie emprunte son nom à Heinrich Moser, grand horloger du XiXe siècle. Ce fils et petit-fils d'horloger est né en 1805 à Schaffhouse. Formé par son père puis dans un atelier du Locle, il commence à travailler pour des tiers, Suisses et étrangers. Et en 1927, sa prospection le mène à Saint-Pétersbourg où il fonde H. Moser et Cie à la fin de 1928. Cependant, conscient de la nécessité de proposer des produits manufacturés, il ouvre un atelier de fabrication au Locle dès l'année suivante. Il restera en Russie jusqu'en 1848, date de son retour à Schaffhouse où, entre autres activités, il crée un atelier de fabrication de boîtes en 1853. En 1877, trois ans après le décès de leur fondateur, les entités de Saint-Pétersbourg et du Locle sont revendues à leurs directeurs respectifs. Les activités commerciales russes se poursuivront jusqu'en 1917, année de la révolution d'Octobre. Elles seront relayées en Suisse et resteront florissantes jusque dans les années 1970 où l'entreprise subira, comme beaucoup d'autres, les effets de la crise du quartz.
Les montres d'aujourd'hui, distribuées notamment chez À l'Éméraude à Lausanne, sont largement inspirées des créations de Heinrich Moser et elles reprennent certaines caractéristiques de l'époque. Avec leur style classique, elles semblent simples mais elles ne le sont généralement qu'en apparence. Elles recèlent en vérité d'ingénieuses innovations à l'image de la Moser Perpetual 1, lauréate du Grand Prix d'Horlogerie de Genève en 2006, année où furent lancés les premiers modèles issus de la marque re-déposée (2002). La date s'affiche dans un grand guichet à 3 heures. Grâce au système Flash Calendar, elle saute directement au mois suivant en tenant compte de la durée variable des mois et, grâce au système Double Pull Crown, elle se corrige en toute sécurité. Le passage des mois est indiqué par une petite aiguille centrale qui pointe les index des heures (12 heures = 12 mois), tandis que le cycle des années bissextiles figure au verso de la montre. Modèle d'élégance et de discrétion, la Moser Perpetual 1 intègre, en outre, le module d'échappement interchangeable que l'on retrouve dans toutes les créations maison. C'est le premier du genre réalisé pour une montre-bracelet.

La petite révolution de 2008
En 2011, l'emblématique Moser Perpetual 1 connaît deux nouvelles interprétations. pour marquer ses cinq années d'existence, la Moser Perpetual Golden Edition fait l'objet d'une édition limitée à 100 exemplaires. Le boîtier, le cadran à effet fumé, les index appliques, les aiguilles ainsi que les ponts et la platine du mouvement sont en or rose 18 carats. Autre particularité luxueuse: de véritables diamants dans le système antichoc. Cette montre d'exception, de même que la Moser Perpetual Double Hairspring éditée en collection courante, comprennent le balancier révolutionnaire lancé en 2008. Nommé Straumann Double Hairspring en hommage à l'inventeur du Nivarox (matière des spiraux), il constitue une remarquable alternative au tourbillon. Deux spiraux suivant des trajectoires symétriques mais opposées, compensent les effets de la gravité. Naturellement, l'innovation est compatible avec le système d'interchangeabilité de l'échappement Moser.
