Calendrier à suivre

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Quand supercomplication rime avec supersimplicité : un fait suffisamment rare pour reparler de la Perpetual 1 de H. Moser & Cie, un calendrier perpétuel datant de 2006 que la manufacture a commencé à livrer récemment.


Luxes par Bilan - 29 septembre 2010

Michel Beziat



La Perpetual 1 de H. Moser & Cie vous dit peut-être quelque chose ? Normal, car ce n'est pas une nouveauté. Loin de là. Pensez donc, elle a été présentée en 2006, une éternité au vu du rythme auquel se renouvellent les collections dans l'industrie horlogère d'aujourd'hui. Pourquoi alors un tel délai de livraison ? Pour la simple raison que, lorsque la pièce a été présentée, son mouvement n'était pas encore totalement fiabilisé. Alors que certaines marques n'auraient pas hésité à livrer malgré une mise au point très approximative, laissant à leurs premiers clients le soin d'« essuyer les plâtres », H. Moser & Cie a préféré prendre son temps.

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Il a donc fallu quatre ans à la manufacture de Schaffhouse pour terminer et homologuer ce calendrier perpétuel qu'elle a commencé à livrer récemment. Mais là n'est pas l'essentiel. À l'époque, la pièce a en effet remporté rien de moins que le Grand Prix d'Horlogerie de Genève, en catégorie Complications, pour son calendrier perpétuel particulièrement « user friendly », une notion très anglo-saxonne que l'on retrouve plus souvent dans l'industrie informatique que dans notre bonne vieille industrie horlogère. Et c'est bien pour cela – et pour son prix lui aussi très « friendly » pour une telle pièce : 36 300 fr. en or rose - que cette montre est remarquable.

1. Si un quantième perpétuel est une complication complexe à aborder pour l'horloger, elle s'avère généralement carrément difficile à utiliser pour celui qui la porte : aiguilles de la taille d'un cil, compteurs minuscules portant nombre d'indications, marquages microscopiques, etc. Ici, les choses sont claires et simples. Un grand guichet pour la date tout d'abord, date sautant comme il se doit du 28, 29 ou 30 au 1er du mois suivant lorsque c'est nécessaire, et ajustable d'un simple tour de couronne, en avant et en arrière. Finis les correcteurs et les manipulations hasardeuses, d'autant plus que le réglage peut être effectué – fait rare – même pendant que la montre change de date, soit autour de minuit. Une indication du mois lisible et intuitive puisqu'elle utilise une aiguille aussi large qu'elle est courte, chacun des douze mois correspondant à chacune des douze heures du cadran. Difficile de faire plus simple. L'indication d'année bissextile, plus rarement utilisée, s'affiche directement sur le mouvement visible au travers du fond de boîte transparent.

2. Une réserve de marche de 7 jours, pour ce calibre mécanique à remontage manuel. On la remonte donc une fois par semaine et on l'oublie.

3. Qui n'a jamais déréglé l'heure de sa montre en essayant de seulement en régler la date ? Impossible ici puisque le système breveté de « Double Pull Crown » oblige à marquer un temps d'arrêt entre la position 2 – réglage de la date – et la position 3 – réglage de l'heure – lorsque l'on tire la couronne. L'idée est simple, mais personne semble-t-il n'y avait pensé avant.

4. Ceux qui conçoivent les montres ne pensent pas toujours à ceux qui vont les réparer – même si ce sont souvent leurs voisins d'atelier… Ainsi, pour éviter d'avoir à réparer l'échappement en cas de défaillance, ou seulement de perdre du temps lors de sa révision (démontage, nettoyage, graissage…), les constructeurs de H. Moser & Cie ont mis au point un échappement interchangeable. Il est monté sur un pont indépendant juste fixé par deux vis au reste du mouvement avec qui le seul contact se fait par la roue d'ancre – en or massif, comme l'ancre elle-même, un détail raffiné qui mérite d'être souligné. Résultat : des révisions écourtées, et un client qui repart avec un échappement neuf. Les constructeurs automobile peuvent en prendre de la graine.

 

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