Tribune de Genève - 7 décembre 2010
M.GT avec AFP
La famille Hermès a décidé de serrer les rangs. Elle va rassembler une majorité de ses actions dans une holding pour se prémunir d'une mainmise sur la célèbre griffe par LVMH, le numéro un mondial du luxe entré avec fracas dans son capital en octobre. Dimanche soir, dans un communiqué, les héritiers de Thierry Hermès ont annoncé que la nouvelle structure du groupe détiendra plus de 50% du capitalde la maison de luxe, officiellement pour «confirmer son unité à long terme».
L'opération, au parfum de riposte contre le groupe de Bernard Arnault, est toutefois conditionnée au feu vert du gendarme de la Bourse, l'Autorité des marchés financiers (AMF). Le président du conseil de gérance d'Hermès, Bertrand Puech, a déclaré hier être «confiant» quant à la future décision du gendarme de la Bourse.

Publicité Hermès 2010-2011. © Hermès
Les actionnaires minoritaires du groupe de luxe Hermès, qui représentent environ 10% du capital, «commencent à s'agiter et demandent des explications», selon Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam). D'après elle, il subsiste encore beaucoup d'inconnues et elle entend demander à l'AMF de lancer une enquête sur la politique d'information d'Hermès. Cette histoire est aussi celle d'un géant qui absorbe une pépite. En termes de ventes, Hermès est presque neuf fois plus petit que LVMH, mais en termes de capitalisation boursière, il n'est plus que 3,7 fois plus modeste. Les ventes de LVMH en 2009 ont atteint un peu plus de 17 milliards d'euros et les bénéfices 1,755 milliard d'euros.
Le titre Hermès était en baisse à la Bourse de Paris lundi après cette annonce.
