Hermès: marge record mais valorisation tendue.
(Cercle Finance) - Depuis l'automne dernier, la maison de luxe Hermès fait l'objet d'un significatif engouement sur le marché boursier. Le titre a progressé d'un peu plus de 50% en l'espace de deux trimestres. Or malgré des qualités fondamentales indéniables, que la publication des résultats 2006 vient une nouvelle fois d'illustrer, l'ascension boursière d'Hermès vient porter le titre à des niveaux de valorisation difficiles à justifier autrement que par des considérations spéculatives.
Hermès se négocie sur la base de 42 fois les bénéfices 2006, 39 fois ceux de l'exercice en cours, et plus de 34 fois ceux du prochain. A titre de comparaison, les PER 2007 et 2008 du leader mondial du luxe LVMH, dont la rentabilité est certes inférieure, oscillent autour de 19 et 17 respectivement, tandis que ceux du suisse Richemont sont de l'ordre de 15.
Cette situation découle manifestement de la spéculation récurrente entourant Hermès à propos d'un éventuel changement de contrôle de la société. Un scénario qui paraît pourtant difficile à mettre en oeuvre compte tenu du statut de commandite et du contrôle exercé par le groupe familial sur le capital.
Sans préjuger d'une éventuelle évolution du dossier dans le sens voulu par certains opérateurs, les actionnaires peuvent néanmoins se satisfaire de la solidité des performances financières de la société. Après avoir favorablement surpris en février avec l'annonce d'une hausse de 7,8% de ses ventes 2006, Hermès vient de faire état d'une amélioration de sa rentabilité. Grâce à une hausse de 8,7% du résultat net consolidé à 268,4 millions d'euros, la rentabilité nette atteint le niveau record de 17,7% des ventes l'année dernière, contre 17,3% en 2005. Le bénéfice net par action progresse de 10,7%. Au cours actuel, le dividende proposé de 0,95E offre un rendement de 0,9%.
F.Berthon