Luxe et volupté au poignet des dames

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Hermès a inauguré un atelier dans son usine biennoise. Fondée en 1978, la marque produit 120 000 pièces par an.
«Le métier du cuir, c'est la marque de fabrique de la maison.» La Montre Hermès, filiale de la maison française éponyme, a ouvert à Bienne un atelier de bracelets au sein de son usine horlogère, en octobre dernier. La production à l'interne de cet accessoire en cuir est une première dans l'horlogerie suisse.

Pour l'instant, cette entité confectionne uniquement les bracelets en alligator et des spécialités telles qu'un pistolet lance-parfum, une pendulette 30 jours avec six fuseaux horaires, etc. Le reste est du ressort de la maison-mère de Paris. A terme, toute la production de bracelets cuir pourrait se faire à Bienne.

Alliance avec Movado
L'histoire d'amour de la maison avec l'horlogerie suisse remonte aux années 1920. En 1928 plus précisément. En collaboration avec Movado, Hermès réalise le gainage de la montre Ermeto. Cette montre de poche se remonte automatiquement par un système de volets coulissant à chaque lecture de l'heure. S'ensuivront des collaborations régulières avec Jaeger, Universal, Vacheron & Constantin ou encore Tavannes Watches.

En 1978, Jean-Louis Dumas, qui vient de prendre les rênes de la maison, décide de fonder la filiale horlogère La montre Hermès. A Bienne, elle prend en charge la production et la commercialisation des montres. En 1999, elle inaugure ses nouveaux ateliers, qui emploient une quarantaine de collaborateurs. A fin 2006, ils sont une centaine. La production annuelle est d'environ 120 000 pièces. Le prix public d'entrée se situe entre 1500 et 2000 francs.

La montre dame avant tout
«Hermès a surtout une légitimité dans la montre dame», explique-t-on à Bienne. La clientèle féminine représente 80% des ventes. «Nous voulons continuer à être extrêmement créatifs.» A témoin, la montre Kelly, «la plus ancienne de la collection». Inspirée par le sac du même nom, elle connaîtra une nouvelle déclinaison l'an prochain. Sa particularité: accrochée à un bracelet cuir, la pièce reproduit la clé du sac. «Il n'y a qu'Hermès qui pouvait faire cette montre.»

Autre modèle emblématique, Clipper, lancé en 1981, est le plus vendu en quantité toutes collections confondues. Première montre d'Hermès avec bracelet métallique, elle rencontre un succès important en Asie. Son bracelet siglé Hermès en a fait un must dans des pays où l'humidité nuit au cuir.

Aujourd'hui, La Montre Hermès développe deux axes de stratégie: la haute horlogerie et la joaillerie. Dans le premier cas, elle s'appuie sur des mouvements mécaniques de Vaucher Manufacture Fleurier, société dans laquelle Hermès a récemment pris une participation de 25% au capital. L'an prochain, à l'occasion des 170 ans d'existence de la maison française, un modèle Cap Code 8 jours sera produit à 170 exemplaires. A découvrir à Bâle en avril.

Journal du Jura / Par Daniel Droz /  www.journaldujura.ch