La stratégie de l'après-intrusion

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La famille historique prépare la contre-attaque à la prise de participation de LVMH. Alors que les ventes ont fortement progressé.


L'Agefi - 10 novembre 2010



La maison de luxe Hermès, dont les ventes s'envolent, réalisera peut-être en 2010 la meilleure année de son histoire, mais pour l'heure, la famille réfléchit en secret aux moyens de riposter à l'arrivée-surprise «dans son jardin» du géant mondial du luxe LVMH. Aucun détail sur les mesures envisagées par Hermès n'a été dévoilé hier par le gérant Patrick Thomas lors de la présentation des ventes, une nouvelle fois en très forte hausse, du troisième trimestre.

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Le message reste néanmoins clair face à la prise de participation jugée hostile de 17,1% réalisée discrètement par LVMH. Il est «tout à fait logique qu'ayant trouvé un visiteur dans son jardin, la famille se réunisse et qu'elle discute des façons de répondre à ce visiteur», a dit Patrick Thomas.

Interrogé sur l'éventualité avancée par certains analystes de la création d'une holding non cotée qui regrouperait les parts familiales, il a répondu: «vous ne pouvez pas empêcher une famille, face à une intrusion dans son capital, de réfléchir. On en est là pour le moment». Tout au long de la présentation, le gérant d'Hermès a lancé des piques à l'égard de LVMH, ironisant par exemple sur le fait que, si la maison n'a pas procédé à des rachats d'actions sur les neuf premiers mois de l'année, «d'autres s'en sont chargés à notre place!».

M. Thomas a précisé qu'au 28 octobre, les familles Guerrand, Dumas et Puech, descendants du fondateur Thierry Hermès, détenaient 73,4% du capital de la société contre «un peu plus de 80%» lors de l'introduction en bourse en 1993. Une érosion qu'il a qualifiée de «modeste ». A sa connaissance également, le groupe suisse Richemont (Cartier, Lancel, Montblanc...) ne détient pas de participation dans la société, contrairement à certaines informations de presse. «Aucune participation d'un groupe étranger n'apparait dans les listings du 28 octobre», a-t-il assuré.

Les analystes estiment qu'une nouvelle montée de LVMH dans le capital d'Hermès pourrait se faire en profitant d'éventuelles dissensions au sein de la famille, favorisées par l'envolée du titre depuis janvier. Les observateurs du secteur ne doutent pas de la volonté de Bernard Arnault, patron de LVMH, de faire main basse sur la griffe, même s'il a assuré à plusieurs reprises que son opération était pacifique et axée sur le long terme.

Hier, le gérant de la société s'est attaché à réaffirmer l'unité familiale et la solidité du statut de société en commandite d'Hermès, qualifiée régulièrement d'arme anti-OPA car elle permet à des groupes familiaux de conserver la gestion de leurs affaires même s'ils sont minoritaires au capital. De même, la société a «l'autorisation de l'assemblée générale pour réaliser un certain nombre d'opérations de défense», a-t-il encore dit. M. Thomas a en outre affirmé qu'«aucun actionnaire n'a le pouvoir d'empêcher l'approbation des comptes».

L'intrusion de LVMH dans le capital de la maison «ne changera rien à la philosophie de la famille Hermès qui depuis six générations a développé ce petit bijou», a-t-il déclaré. Un bijou dont les ventes s'envolent tellement que le groupe de luxe vient encore de revoir à la hausse ses prévisions annuelles de chiffre d'affaires, de +12% à +15%. De même pour les marges, qu'il annonce plus importantes que prévu. La rentabilité «sert surtout à préserver l'indépendance» du groupe, a souligné M. Thomas. Il a assuré qu'en 2010 «la maison est en route pour sa meilleure année de résultats depuis au moins dix ans». Avant d'avancer: «peut-être même notre meilleure année de résultat dans notre histoire». A la bourse de Paris, le titre s'envolait à 15h15 de 6,80%, à 164,85 euros.

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