Chaque année depuis 2001, Harry Winston présente une montre baptisée Opus, créée par un horloger indépendant talentueux. Cet honneur est revenu cette année à Denis Giguet, patron de la Manufacture Contemporaine du Temps (MCT), créée en 2007.
Gold'Or - Avril 2011
Denis Giguet connait bien la collection Opus. Après un passage chez Rolex, il est recruté par Harry Winston où il participe au succès du concept en tant que directeur industriel. Une expérience qui l'incite à prendre son indépendance en 2006 avec la création d'Innovtime, société de conseil en développement et industrialisation de produits de luxe. En 2007, il fonde MCT avec un partenaire financier. Sa première création, la Sequential One, fait la part belle à l'indication des heures sans aiguille.

Une simplicité extraordinairement compliquée
La Sequential Two est, pour sa part, attendue dans le courant de l'année. En attendant, Denis Giguet a réussi un grand coup, technique mais aussi médiatique. Evénement majeur de Baselworld, le lever de rideau sur la nouvelle Opus de la marque Harry Winston est chaque année attendu avec impatience par les professionnels et les amateurs. La tribune ainsi offerte aux créateurs des Opus est à l'image de la puissance de la marque.
L'histoire démarre en 2000. En quête de crédibilité dans le monde de la haute horlogerie, le joaillier américain et mondialement connu Harry Winston décide de créer la collection Opus. Chaque année, un horloger indépendant parmi les plus talentueux réalise pour le compte d'Harry Winston une montre hors du commun. Le concept, qui donne carte blanche au créateur, apparaît bien vite comme un coup de génie. De grands noms de la haute horlogerie – parmi lesquels F.-P. Journe, Antoine Preziuso ou encore Christophe Claret – ne se font pas prier. L'exercice est reconnu aujourd'hui comme une véritable consécration.
Pour cette Opus Eleven, Denis Giguet a choisi une simplicité extraordinairement compliquée. Simplicité car la montre n'a d'autres fonctions que d'indiquer les heures et les minutes. Compliquée, car la manière de le faire est une première. Dans un boîtier extrêmement complexe composé de trois cylindres accolés, un mécanisme décompose – au sens propre comme au sens figuré – le temps. Le compte des minutes s'effectue dans un « pavillon latéral » sur un disque trainant pour les unités, un disque sautant pour les dizaines. Le second pavillon, quant à lui, laisse entrevoir le grand balancier en titane.

15'000 heures de travail
Mais la partie centrale réserve le plus beau spectacle. Au centre de l'arène, quatre palettes s'unissent pour indiquer l'heure en chiffres arabes. Au passage de la soixantième minute, la mécanique, entièrement apparente, s'anime soudain, faisant virevolter les 24 palettes que compte le mouvement de 566 composants. Un train de rouages extrêmement complexe tournoie alors quelques secondes durant, avant de replacer au centre quatre nouvelles palettes formant le chiffre de l'heure suivante. Phénoménal!
Les palettes sont fixées sur quatre satellites, eux-mêmes entraînés par une plate-forme. La plus grande difficulté, de l'aveu du concepteur, fut de faire pivoter ces pales sans qu'elles ne se touchent dans leurs trajectoires. Pour se faire, Denis Giguet et son équipe ont dû mettre au point des engrenages elliptiques, une roue triangulaire et des pignons coniques. Près de 15'000 heures de travail, dont 12'000 uniquement pour la recherche et le développement du mouvement, ont été nécessaires à une équipe de 25 personnes concentrée sur ce projet pendant 19 mois.

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