Guinel, une aventure familiale

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Lancement d'une ligne de bijoux, sous la marque Guinel

UN TOUR, UN BIJOU L'entreprise du Val-de-Ruz sait mêler les genres. (sp)  
«Dans les années 1930, il y avait mille guillocheurs dans l'Arc jurassien et 300 à La Chaux-de-Fonds». Sur le stand bâlois de l'entreprise Décors Guillochés SA, René von Kaenel évoque en souriant les années d'or du guillochage. Car aujourd'hui, ces artisans au savoir incomparable se comptent sur les doigts de deux mains. Mais ils sont très demandés: avec son fils Yann, qui a repris la direction de l'entreprise familiale, à Cernier, René von Kaenel travaille pour des grands noms de l'horlogerie. Comme la marque Breguet, son principal client, fidèle depuis de longues années à une petite entreprise qui emploie une dizaine de personnes.

Mais ce qui a motivé père et fils à faire le déplacement à Baselworld, c'est le lancement d'une ligne de bijoux, sous la marque Guinel. Elle permet aux von Kaenel de montrer la pleine mesure de leur art. «Nous avons 600 modèles de guillochage différents, mais la plupart ne sont pas adaptés à l'horlogerie: sur un cadran guilloché, des effets de lumière excessifs empêchent une bonne lecture de l'heure», explique René von Kaenel.

Par contre, ombres et reflets permettent à un pendentif, selon les mouvements de sa propriétaire, de jouer avec les illusions d'optique. «Avec Guinel, on se fait plaisir, et c'est notre premier objectif», confie Yann. «Venir à Bâle représente un gros investissement, mais si on veut réussir à séduire une clientèle internationale, c'est indispensable.»

Les bijoux Guinel, des pièces uniques tout en or, sont entièrement réalisés dans l'Arc jurassien, en collaboration avec Valérie Guillet, bijoutière à Yverdon. «Et surtout, ils sont guillochés à la main, ce qui est très rare de nos jours», insiste René von Kaenel.

L'homme a été très heureux de remettre la direction de l'entreprise à son fils, docteur en physique de formation, mais reconverti au guillochage par passion. «Je n'aurais pas voulu vendre, pour rien au monde. Si une marque horlogère vous achète, vous perdez toute créativité.»

D'où cette indépendance farouche, et notamment face à Breguet: «Nous leur guillochons toutes les masses oscillantes de la marque. Celle-ci voudrait bien maîtriser ce savoir-faire à l'interne, mais j'ai toujours voulu rester indépendant.»

 

L'Impartial / frk / www.limpartial.ch

 

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