UN TOUR, UN BIJOU L'entreprise du Val-de-Ruz sait mêler les genres. (sp)
Mais ce qui a motivé père et fils à faire le déplacement à Baselworld, c'est le lancement d'une ligne de bijoux, sous la marque Guinel. Elle permet aux von Kaenel de montrer la pleine mesure de leur art. «Nous avons 600 modèles de guillochage différents, mais la plupart ne sont pas adaptés à l'horlogerie: sur un cadran guilloché, des effets de lumière excessifs empêchent une bonne lecture de l'heure», explique René von Kaenel.
Par contre, ombres et reflets permettent à un pendentif, selon les mouvements de sa propriétaire, de jouer avec les illusions d'optique. «Avec Guinel, on se fait plaisir, et c'est notre premier objectif», confie Yann. «Venir à Bâle représente un gros investissement, mais si on veut réussir à séduire une clientèle internationale, c'est indispensable.»
Les bijoux Guinel, des pièces uniques tout en or, sont entièrement réalisés dans l'Arc jurassien, en collaboration avec Valérie Guillet, bijoutière à Yverdon. «Et surtout, ils sont guillochés à la main, ce qui est très rare de nos jours», insiste René von Kaenel.
L'homme a été très heureux de remettre la direction de l'entreprise à son fils, docteur en physique de formation, mais reconverti au guillochage par passion. «Je n'aurais pas voulu vendre, pour rien au monde. Si une marque horlogère vous achète, vous perdez toute créativité.»
D'où cette indépendance farouche, et notamment face à Breguet: «Nous leur guillochons toutes les masses oscillantes de la marque. Celle-ci voudrait bien maîtriser ce savoir-faire à l'interne, mais j'ai toujours voulu rester indépendant.»
L'Impartial / frk / www.limpartial.ch