La Swordfish Booster Blue à l'essai

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Electrique, corpulente, iconoclaste, cette nouveauté 2011 est taillée pour le fun sous le soleil de l'été.



WORLDTEMPUS – 12 mai 2011

Louis Nardin

Bleu comme le goût tranquille du farniente, de la mer et de ses murmures en toile de fond, et d'un ciel d'azur au-dessus du Panama. La Swordfish Booster Blue prêtée à Worldtempus le temps d'un test n'est pas un instrument de travail – lire d'ailleurs le compte rendu en anglais d'Elizabeth Doerr avec un modèle féminin. Elle se veut compagne d'amusements estivaux. Alliée du short et de l'écran total, ses deux yeux globuleux lui donnent un air aussi cocasse que rigolo. Ils rendent aussi sympathique et décomplexée une montre imposante avec son boîtier en acier de 48mm de diamètre. Chronographe voulu viril avec ses gros boutons-poussoirs gravés Clous de Paris pour assurer la prise en main, il est en revanche contre-indiqué pour le vélo puisque ces derniers, couronne comprise, viennent irriter le dos de la main. Montre de loisir donc, mais pas d'effort.Graham_330499_0«Tête de robot», «poitrine féminine», «loupes», les deux verres saphir posés sur la glace et cerclés d'une lunette ont débridé les imaginations. Ils incarnent la collection Swordfish. Grâce à eux, une Graham est reconnaissable loin à la ronde, tout comme les modèles Chronofighter, l'autre ligne majeure avec ses boutons-poussoir doublés d'un levier style goupille de grenade. A des années, au sens propre comme au figuré, du célèbre horloger anglais Georges Graham – 1673-1751 -, inventeur de l'échappement à cylindre et membre de la Royal Society, la marque cultive un style iconoclaste d'inspiration britannique.Réflexion et déduction

Sur la Swordfish Booster Blue, ces deux pastilles dotées d'un verre grossissant – plus 15% -  forment des puits de lecture sur les microcompteurs au-dessous avec à 3h les minutes du chronographe, et à 9h les heures du chronographe et les secondes normales. Mais l'exercice de création a buté sur la lecture de l'aiguille des heures et des minutes qui disparaissent plusieurs fois par jour du champ de vision, cachés par les rehauts des «yeux». Dès lors, soit le porteur fournit un effort de réflexion et déduit l'heure qu'il est en guettant la position des aiguilles au centre du cadran, soit, justement, il aura le temps d'y revenir plus tard, comme en vacances.

 

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Malgré son gabarit de colosse, la boîte de la Swordfish Booster Blue adhère convenablement au poignet. Et son poids, 177 grammes avec bracelet, ne gêne pas non plus les mouvements. La carrure bassinée et polie créé une tension intéressante avec les surfaces planes et toujours satinées. Taille oblige, le bracelet plonge à la verticale dans le prolongement des cornes. Le cuir, d'un bleu roi brillant et vif, a d'ailleurs bien réagi en montrant très peu de traces d'usure. Quant au fond, ouvert et maintenu par 6 vis, il aurait pu arborer quelques éléments rappelant le reste du boîtier.

La motorisation est assurée par un calibre chronographe ETA Valjoux 7750 décoré et complété dans les ateliers du constructeur Lajoux-Perret d'un module exclusif redistribuant l'affichage. Mouvement solide et très répandu, il se repère aisément au déclenchement sec du chronographe lorsqu'on appuie sur le bouton-poussoir et au chuintement caractéristique de sa masse oscillante.

 

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Osée et décomplexée, la Swordfish Booster Blue se veut sucrerie acidulée. Elle ne constitue pas un choix pertinent pour celui qui désire acheter sa première montre mais plutôt un vecteur de provocation sympathique pour connaisseur. Par contre, la gourmandise se paie comptant avec un prix de 9'750 francs taxes comprises.

 

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