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Un pilote parmi les horlogers

LuigiMacaluso, président de Girard-Perregaux depuis 1992, n'a pas toujours été horloger. De 22 à 26 ans, il fut pilote automobile, notamment pour Fiat. Rencontre avec un champion…

LuigiMacaluso, président de Girard-Perregaux depuis 1992, n'a pas toujours été horloger. De 22 à 26 ans, il fut pilote automobile, notamment pour Fiat. Rencontre avec un champion…

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Comment vous est venue cette passion dévorante pour l'automobile?

Dès l'enfance, je me suis passionné pour le sport en général et la compétition de moto en particulier. Puis vinrent les rallyes automobiles. Mais ce n'est pas seulement une passion. Cela fait partie de mon ADN et de celui de ma famille. J'ai d'ailleurs fait des études d'architecture car je voulais dessiner des voitures. Mais la vie en a décidé autrement.

En tant que pilote professionnel, vous avez été couronné champion d'Europe de rallye en 1972 et deux fois champion d'Italie, en 1974 et 1975. Y a-til d'autres compétitions que vous auriez aimé remporter?

Pas vraiment. Si ce n'est le Rallye de Monte-Carlo et le Safari Rallye au Kenya.

De 1992 à 2005, sous votre impulsion et celle de Luca diMontezemolo, patron de Ferrari et ami de longue date, vos deux maisons ont entretenu une fructueuse coopération qui a donné lieu à une collectionmémorable de montres, sous le label «Girard- Perregaux pour Ferrari». Ne regrettez-vous pas ce temps révolu?

Non. C'est un souvenir magnifique, une période très intense en émotions, qui a marqué ma vie, y compris au niveau personnel. Car ce n'était pas une simple relation commerciale. Ce partenariat était basé sur des liens d'amitié très forts, remontant parfois jusqu'à l'enfance.Mais il faut savoir s'arrêter au bon moment. D'ailleurs, nous avons clos cet épisode avec unemontre exceptionnelle: le tourbillon «Enzo Ferrari».

Est-ce à cause de ce lien particulier que Girard-Perregaux n'a pas d'ambassadeur représentatif de cemilieu?

En effet, c'est impensable. La plupart des grands pilotes sont des amis, voire plus encore, à l'instar de Rubens Barrichello que je considère comme un troisième fils.

Vous possédez l'une des plus belles collections de voitures de rallye aumonde.Elle a débuté il y a une vingtaine d'années.Mais êtes-vous vraiment un collectionneur?

Non, pas au sens systématique du terme. Ce que je recherche, c'est plutôt des voitures de rallye ayant gagné des prix historiques. Car pour moi, le rallye représente l'une des expressions sociales les plus importantes de l'après-guerre; une activité qui a fortement influencé lamotorisation de beaucoup de pays. Je possède plus d'une cinquantaine demodèles. Les plus anciens datent de 1966 et les plus récentes de 1992 car cette année marqua un changement significatif au niveau technologique ainsi que
l'abandon de la compétition par Fiat, maison à laquelle je suis intimement lié. Beaucoup sont exposés à Turin, d'autres prêtés à diversmusées.

Pouvez-vous dire que vous possédez la voiture de vos rêves?

Disons que j'aime toutes mes voitures, sans préférence aucune. Mais il y a toutefois une pièce que je rêve d'avoir: la Ferrari 330 P4 de 1967. De l'adrénaline à l'état pur. Mais ce prototype qui a gagné nombre de compétitions est malheureusement presque impossible à obtenir.

Aujourd'hui, comment satisfaisez- vous votre passion pour l'automobile?

En réalité, je suis encore très actif dans le milieu. Notamment comme membre du Touring Club deMonaco ou président de la Fédération italienne du sport automobile (FIA) avec laquelle j'organise les championnats du monde. Et puis j'aime faire rouler les voitures de ma collection. Par ailleurs, en tant que partenaire du Rallye Monte Carlo Historique, chaque année, nous sortons deux séries limitées célébrant une victoire forte en émotions. Ainsi, venons-nous de lancer un chronographe automatique de la collection «Richeville », «Monte-Carlo 1954», date à laquelle triomphèrent Louis Chiron et Ciro Basadonna, au volant de leur élégante Lancia Aurelia B20GT, n° 69. Edité en 250 exemplaires en acier et 50 en or rose, il se distingue par ses lignes classiques et son boîtier de forme tonneau. La deuxième nouveauté étant incarnée par le chronographe automatique avec fly-back «Monte-Carlo 1970» qui rappelle la victoire de Björn Waldegaard et Lars Helmer, à bord de leur légendaire Porsche 911 S, n°6. Un exploit d'autant plus remarquable que cette compétition fut marquée par la neige et de nombreux accidents. Mais c'est bien connu, la passion a raison de tous les obstacles…

Sylvie Guerreiro

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Richeville Chronograph «Monte-Carlo 1954».

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Fly-back Chronograph
«Monte-Carlo 1970».

 

Tribune des Arts - No351 - Mai 2007

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