Source: L'Impartial
David Joly

Au poignet, on s'amuse à jouer avec le rotor constamment en mouvement, qui ne gêne aucunement la lecture de l'heure. Né il y a trois ans dans l'esprit de Frédéric Jouvenot, ancien de Minerva, «L'Automatic chronograph evolution» est désormais devenu réalité. Le jeune concepteur de 31 ans dispose depuis un mois de deux modèles de présérie, parfaitement fonctionnels.
Ce passionné d'horlogerie avait révélé son invention et l'intention de la produire sous son propre nom fin 2007. Avec sa complication autant technique que design, «la pièce a cartonné tout de suite. On n'a pas besoin de convaincre, on adhère ou non», souligne Frédéric Jouvenot. L'écho a été particulièrement marqué dans les médias. Une vingtaine d'entre eux, dont nombre de magazines spécialisés étrangers, ont consacré un sujet. Le lancement parallèle du site internet de la marque a attiré les intéressés, les curieux, ainsi que les premiers clients. En or blanc, rose et en platine «si la demande suit», le garde-temps sera produit à 88 exemplaires - «il faut rester exclusif, créer une légende». Dégagé de la masse oscillante, le mouvement à roues à colonnes, conçu sur base d'un ancien calibre Venus - «quel meilleur support pour moderniser le chronographe?» - est entièrement visible.
En raison de sa complexité et de la noblesse des matériaux utilisés, la montre est «excessivement chère à produire». Affichée à 86'400 francs, elle sera réservée aux amateurs fortunés, mais Frédéric Jouvenot a également pensé au grand public. Son chronographe est exposé jusqu'à fin janvier à la boutique horlogère Le Carrousel des montres, à La Chaux-de-Fonds, où les amateurs de belle mécanique peuvent le découvrir. Frédéric Jouvenot, lui, rencontre actuellement distributeurs, détaillants et clients. Et même si la commercialisation de son garde-temps débute en pleine crise, le créateur demeure confiant. «Nous avons vécu la folie dans l'horlogerie ces dernières années. Tout et n'importe quoi a été fait. Le marché s'est saturé, engorgé, mais il existe toujours. J'ai la chance de proposer un produit qui diffère, innove, tout en restant classique».
Avec les commandes déjà confirmées, Frédéric Jouvenot espère écouler une trentaine de pièces cette année. «Je vais y aller crescendo, ne pas brûler les étapes. Pour donner une ligne à la marque, il faut la construire petit à petit, avec patience et raison.» Mais pas trop lentement tout de même, le jeune créateur confiant que d'autres projets sont déjà en gestation.
