Objectif - une créativité accrue

4 minutes read
WPHH - Genthod
Ignorant la crise, Vartan Sirmakes, le président du groupe Franck Muller, passe à l'offensive et inaugure une nouvelle boutique à Genève.Franck Muller_324958_0

 

A Genthod, route de Malagny, face au lac, deux nouveaux bâtiments sortent de terre. En métal et en verre, ils cultivent une certaine discrétion dans ce qui fut la propriété du Grand et du Petit Malagny. C'est, depuis 1955, le fief du Watchland, le royaume de Franck Muller.Un domaine historique de 32 hectares au total, strié de parkings, pour un site, un des cinq du groupe, qui accueille près de 950 collaborateurs. Originaire de Constantinople comme l'affirme cet Arménien d'origine, un père et un oncle bijoutiers, Vartan Sirmakes, à Genève depuis 1973, soit près de trente-six ans, préside aux destinées du groupe Franck Muller, qui comprend pas moins de neuf marques. Quatorze sites de production, quelque 46 000 montres produites par année rien que pour Franck Muller, Vartan Sirmakes considère la crise avec philosophie, lui, le descendant d'une ancienne civilisation.Franck Muller_324958_1«Nous avons démarré en crise en 1991 déjà et nous y avons fait face. Mais je pense qu'aujourd'hui, la situation est beaucoup plus grave, plus profonde, et qu'elle ne se résoudra pas de si tôt. D'autant plus qu'elle n'est pas politique, mais financière et qu'elle affecte le monde entier. Il y aura des conséquences sur la longue durée et nous devons nous y préparer.»

– Comment se porte le marché?
– Le marché des montres n'est pas statique. Il y a du mouvement, mais ce n'est pas comme l'an passé à la même époque. Cette année a connu une fracture terrible en septembre, ce qui fait que, dorénavant, il y a l'avant et l'après, avec, pour chaque période, des chiffres totalement différents, qu'il serait vain de vouloir comparer, car ils ne se situent pas dans la même perspective.

– Maintenez-vous le WPHH, votre salon personnel?
– Oui, The World Presentation of haute horlogerie, que nous présentons chaque année à Genthod depuis 1998, est maintenue. Cette manifestation nous permet de présenter nos nouveautés sur notre propre site, à savoir un mouvement haute complication avec «Aeternitas » qui continue, ainsi que des moyennes et petites complications. Cette année, la période de préparation a été raccourcie, puisque ramenée à neuf mois. Cet avancement à janvier, au lieu de mars-avril, est très logique. C'est une bonne période. Les ventes des Fêtes sont terminées et on a beaucoup plus de temps disponible à consacrer à la manifestation.

– Qu'en est-il de la grande fête qui est comme le couronnement du WPHH?
– Nous avons pris la décision de l'annuler cette année. Par suite des travaux d'agrandissement, il n'y a pas suffisamment de place disponible. Et c'est une époque de l'année où il peut faire très froid, ce qui veut dire que l'on ne peut pas rester des heures entières sous une tente. Aussi, nous avons décidé de transférer la fête rue du Mont-Blanc, à Genève où, trois jours durant, nous inaugurerons notre nouvelle boutique par trois soirées, dont deux privées et une officielle avec cocktail dînatoire. Mais par la suite, fin mars, début avril, il est possible que nous organisions une grande fête à Genthod. Nous sommes en train d'y réfléchir.

– Allez-vous redéfinir votre politique d'implantation à Genève?
– Nous gardons notre boutique en l'Ile, ouverte il y a dix ans déjà, sans changement. Le magasin de la rue du Mont-Blanc, réalisé par nos architectes d'intérieur, offre plus de 400 m2 au total. Le décor est très réussi. Nous avons saisi l'opportunité d'ouvrir à cet emplacement privilégié car, en plus, le loyer n'est pas excessif. Et nous n'avons pas manqué de réserver un espace pour les cabinotiers qui travaillent pratiquement en public, comme dans les deux autres ateliers que nous avons maintenu, place des Vingt-Deux- Cantons, et au Grand-Mézel, dans la Vieille-Ville.

– Comment voyez-vous 2009?
– Comme une année sélective qui nous obligera à faire des choix. Mais tout n'est pas négatif dans cette perspective. Je pense que la crise peut même avoir un côté positif. Elle peut nous stimuler dans notre démarche créative, afin d'étonner et de fasciner toujours plus notre clientèle.

Propos recueillis par Michel BonelGrande première au SIHH.

La Fondation de la Haute Horlogerie lance, de concert avec la Fédération horlogère suisse, une campagne internationale de sensibilisation à la contrefaçon. Une campagne qui se déroulera tout au long de l'année et qui se destine directement au client au final. Elle sera basée sur des visuels percutants, annonce-t-on, qui seront reproduits dans les grands magazines à travers le monde.

Lancement ce lundi 19 janvier à la Villa Sarasin, à Genève, en présence de Franco Cologni et Jean-Daniel Pasche, présidents respectifs de la Fondation de la Haute Horlogerie et de la Fédération horlogère suisse.

Tribune des Arts - Janvier 2009 - No 368