Actif sur trois sites genevois et un vaudois, le lauréat du Prix de l'industrie 2008 supprime 84 postes sur 900.
Tribune de Genève - 7 avril 2009
Philippe Rodrik, Marc Guéniat
La réduction des effectifs va toucher aussi bien les départements administratifs que ceux de la production, précise Franck Muller. Cette coupe dans les emplois «vise à adapter la taille de l'entreprise à la réalité économique actuelle».
Le groupe horloger a vainement tenté d'éviter cette solution extrême. «L'entreprise a épuisé toutes les possibilités internes de reclassement, de limitation des heures supplémentaires et derattrapage de jours de vacances», indique la direction.
Le couperet est donc tombé. Lourdement. Même si l'administrateur-délégué, Vartan Sirmakes, confirmait encore ne pas avoir l'intention de licencier du personnel dans une interview publiée le 19 février dernier dans L'Hebdo.
Vartan Sirmakes insiste aujourd'hui sur l'impact de la récession: «Les commandes sonten baisse. C'est vraiment la crise. Un plan social s'inscrit donc dans la logique des choses et nos concurrents font de même. Nos calculs ont d'ailleurs démontré que le recours au chômage partiel n'était pas envisageable.»
Plus de 40 000 montres
La marque Franck Muller a été fondée il y a dix-huit?ans. Durant cette période, le groupe horloger genevois s'est considérablement développé. Il a créé 550 postes de travail au bout du Léman (dont 250 au cours des seules cinq dernières années), sur 900 collaborateurs répartis sur trois sites genevois et un vaudois: Genthod, Vernier, Meyrin et Mies. Avec 84 postes de moins, les effectifs retrouveraient leur dimension de la période 2005-2006.
En phase de haute conjoncture, Frank Muller fabriquait 43?000 à 48?000 montres par an. Cette entreprise a été gratifiée l'an dernier du Prix de l'industrie. «Une entreprise formidable», se félicite volontiers Vartan Sirmakes.
Tensions chez Franck Muller
Cette évaluation, sans doute fondée, n'empêche pas quelques tensions au sein de la société. Le 30 juin 2008, à Mies, une trentaine de collaborateurs débrayent pour manifester leur colère contre l'entreprise. Un nombre à peu près équivalent d'employés aurait été congédié après ce coup de colère du personnel. De 2001 à 2008, le Tribunal des prud'hommes a statué sur 27 cas de conflit de travail avec l'horloger. La plupart des verdicts auraient été favorables aux employés ou ex-employés. Au début de l'année, L'Hebdo évoquait dix nouvelles plaintes imminentes pour licenciement abusif.
En août 2007, la démission de Didier Decker, le directeur opérationnel de Franck Muller, avait aussi suscité quelque éclat. Cet ex-account manager d'UBS s'avérait en effet une figure très connue des milieux horlogers et financiers genevois.
Philippe Rodrik, Marc Guéniat

Le groupe horloger Franck Muller est durement frappé par la crise économique. Il a annoncé hier la suppression de 84 postes sur 900. Les personnes concernées devraient bénéficier d'un plan social, comme nous l'a confirmé Annabelle Martinez, déléguée du syndicat UNIA.
La réduction des effectifs va toucher aussi bien les départements administratifs que ceux de la production, précise Franck Muller. Cette coupe dans les emplois «vise à adapter la taille de l'entreprise à la réalité économique actuelle».
Le groupe horloger a vainement tenté d'éviter cette solution extrême. «L'entreprise a épuisé toutes les possibilités internes de reclassement, de limitation des heures supplémentaires et derattrapage de jours de vacances», indique la direction.
Le couperet est donc tombé. Lourdement. Même si l'administrateur-délégué, Vartan Sirmakes, confirmait encore ne pas avoir l'intention de licencier du personnel dans une interview publiée le 19 février dernier dans L'Hebdo.
Vartan Sirmakes insiste aujourd'hui sur l'impact de la récession: «Les commandes sonten baisse. C'est vraiment la crise. Un plan social s'inscrit donc dans la logique des choses et nos concurrents font de même. Nos calculs ont d'ailleurs démontré que le recours au chômage partiel n'était pas envisageable.»
Plus de 40 000 montres
La marque Franck Muller a été fondée il y a dix-huit?ans. Durant cette période, le groupe horloger genevois s'est considérablement développé. Il a créé 550 postes de travail au bout du Léman (dont 250 au cours des seules cinq dernières années), sur 900 collaborateurs répartis sur trois sites genevois et un vaudois: Genthod, Vernier, Meyrin et Mies. Avec 84 postes de moins, les effectifs retrouveraient leur dimension de la période 2005-2006.
En phase de haute conjoncture, Frank Muller fabriquait 43?000 à 48?000 montres par an. Cette entreprise a été gratifiée l'an dernier du Prix de l'industrie. «Une entreprise formidable», se félicite volontiers Vartan Sirmakes.
Tensions chez Franck Muller
Cette évaluation, sans doute fondée, n'empêche pas quelques tensions au sein de la société. Le 30 juin 2008, à Mies, une trentaine de collaborateurs débrayent pour manifester leur colère contre l'entreprise. Un nombre à peu près équivalent d'employés aurait été congédié après ce coup de colère du personnel. De 2001 à 2008, le Tribunal des prud'hommes a statué sur 27 cas de conflit de travail avec l'horloger. La plupart des verdicts auraient été favorables aux employés ou ex-employés. Au début de l'année, L'Hebdo évoquait dix nouvelles plaintes imminentes pour licenciement abusif.
En août 2007, la démission de Didier Decker, le directeur opérationnel de Franck Muller, avait aussi suscité quelque éclat. Cet ex-account manager d'UBS s'avérait en effet une figure très connue des milieux horlogers et financiers genevois.
