Adax holding s'installe dans la sous-traitance

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Le groupe industriel financé via Valley Road Capital à Genève a réalisé une nouvelle acquisition dans l'Arc jurassien.
L'Agefi - 8 juin 2009
Stéphane GachetFournisseurs_325927_0



C'est en toute discrétion qu'Adax holding a annoncé son «quatrième pacte de loyauté et de proximité avec la région neuchâteloise ». Pour un montant non communiqué, la société Cornu, basée à La Chaux-de-Fonds, a ainsi rejoint le pôle horloger d'un groupe industriel en pleine croissance. L'entité est spécialisée dans les bracelets, les fermoirs haut de gamme et sans doute bientôt les boîtes. La holding, lancée en 2006, renforce ainsi son pôle de soustraitance horlogère, jusqu'ici constitué uniquement de Dupraz, une start-up dédiée aux aiguilles, index et cadrans.

Le groupe compte encore deux unités centrées sur le décolletage, Adax SA et Ravine. Les deux entités, notamment actives dans les medtechs, l'aéronautique et l'automobile ont été fusionnées en janvier de cette année. La holding, en réalité une société de participation, compte désormais quelque 170 collaborateurs. Près de 20 millions de francs ont été investis depuis sa création, en 2006. En 2008, le chiffre d'affaires consolidé des sociétés du groupe s'est élevé à plus de 30 millions de francs.

L'acquisition de Cornu, comme les deux premières sociétés, a été réalisé via des leviers adossés au capital de départ. Un principe qui a été doublé d'un mécanisme d'earn out lors des acquisitions précédentes, histoire de partager les risques sur une période transitoire. Raisonnable alors que les carnets de commande n'offrent toujours aucune visibilité. Autre particularité, le management et les équipes restent en place. Rassurant pour la clientèle.

L'avancée est aussi stratégique pour ValleyRoad Capital, la société de private equity genevoise à l'origine du projet. Un projet entièrement soutenu par des actionnaires privés, pour certains déjà actifs dans des branches industrielles connexes. Pour rappel, ValleyRoad représente les actionnaires principaux qui ont investi dans le fabricant de boîtes à musique Reuge et, moins heureux, dans la marque de montres Villemont, aujourd'hui en liquidation.

 

Le verrou Hayek

Personne ne doute que le moment est idéal pour des acquisitions. Dans la sous-traitance horlogère tout particulièrement.Avec d'autant plus d'acuité pour le private equity que le gel des commandes a décanté le secteur. Les bonnes cibles apparaissent au grand jour et au bon prix. À l'instar de Valley Road Capital au travers d'Adax, les avancées du private equity devraient se multiplier cette année, en 2010 également. Mais la vraie limite demeure. Et, sans surprise, le verrou est signé Swatch Group et concerne la catégorie reine de la sous-traitance: le mouvement.Alors que, dès 2010, le conglomérat Hayek (qui alimente toujours la presque totalité du marché suisse) fermera l'approvisionnement en ébauches, aucune véritable concurrence ne s'est mise en place.Même Richemont n'a pas osé prendre ce risque industriel et limite, lui aussi, ses acquisitions à des domaines moins pointus, comme le décolletage, l'habillage (cadrans, index, boîtes, etc.) ou le polissage. Le signe ne trompe pas: la dépendance du monde horloger à Swatch
Group est encore totale. (SG)

 

 

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