Les filières de formation en horlogerie croulent sous les demandes
Les établissements de formation ne peuvent pas accueillir assez d'élèves pour couvrir les besoins d'une branche en pleine euphorie
On se presse au portillon des écoles d'horlogerie. A tel point que celles-ci doivent procéder à des concours d'entrée qui laissent trois candidats sur quatre sur le carreau. Dans le même temps, les entreprises horlogères en pleine euphorie se plaignent de la pénurie sur le marché suisse de collaborateurs qualifiés. Les 151 élèves qui ont décroché leur certificat fédéral de capacité l'an passé ne suffisent de loin pas à répondre à la demande d'une industrie qui poursuivra sur la voie de la croissance en 2008. Sous-directeur du Centre de formation des Montagnes neuchâteloises, Joël Perrin ne peut que confirmer ce constat: «Nous avons, pour la rentrée 2008, 144 candidatures pour 32 places à disposition. Nous avons ouvert en 2007, pour la troisième année consécutive, une classe supplémentaire. Avec un effectif approchant les 130 élèves pour les quatre années d'études, nous sommes à la limite de nos possibilités.» Même discours chez Jean Theurillat, directeur de l'Ecole des métiers techniques de Porrentruy: «Nous enregistrons une très forte progression depuis deux ans. De six, nous sommes passés à douze élèves et nous avons maintenant dû ouvrir une classe supplémentaire pour accueillir 22 jeunes par volée. Nous prévoyons de changer de locaux pour augmenter encore ces trois prochaines années notre contingent qui devrait, pour la durée des études, passer de 70 à 100 unités.» Toutes les places pour la rentrée 2008 ont déjà été attribuées, de même que les 60 places de stage pour le recrutement 2009.
A l'Ecole technique de la vallée de Joux, au Sentier, le directeur Lucien Bachelard rappelle que l'an passé, 90 candidats avaient convoité les 25 places disponibles. Deux voies nouvelles ont été intégrées à la rentrée 2007: «Nous avons introduit une formation accélérée de deux ans menant au CFC pour les personnes au bénéfice de la maturité ou d'un certificat de culture générale. Nous conduisons en outre un projet pilote destiné aux jeunes habiles de leurs mains qui, après deux ans de formation en industrie et chez nous, se verront décerner le titre d'opérateur en horlogerie.» La Convention patronale de l'industrie horlogère précise qu'au niveau suisse 237 contrats d'apprentissage ont été conclus en 2007. Et note qu'il manquera quelque 2000 horlogers d'ici à 2010.
La Suisse connaît un véritable engouement pour les métiers de l'horlogerie.
A tel point que les places d'apprentissage sont chères. Ici un jeune apprenti à l'Ecole des métiers techniques de Porrentruy (JU). Photos Bist/Roger Meier
Jean Theurillat, directeur de l'Ecole des métiers techniques de Porrentruy : «Nous enregistrons une très forte progression depuis deux ans. Nous avons ouvert une classe supplémentaire pour accueillir 22 jeunes par volée» Le Matin / Jean-Pierre Molliet / www.lematin.ch