L‘Etat met à disposition un immeuble à la Servette. Une partie des loyers sera payée par la fondation.
Zone Artamis (O. Vogelsang)
Tous les anciens occupants du site Artamis ont désormais trouvé un toit de secours. Après la Ville, l‘Etat leur a déniché des locaux dans le quartier de la Servette. Les cotisations des artistes et artisans qui exerçaient jusqu‘alors sur le site alternatif resteront abordables grâce au soutien de la Fondation Hans Wilsdorf, qui paiera une partie des loyers.
Quatre-vingts artisans intégreront l‘immeuble du 28-30 de l‘avenue Ernest-Pictet, à la Servette, dont l‘Etat est propriétaires. Les locaux, près de 2000 mètres carrés prévus pour des ateliers et des dépôts, ont été libérés hier: les artisans ont jusqu‘au 15 octobre prochain pour y emménager, date à laquelle les travaux de dépollution sur le site devraient commencer.
Cette aide aux occupants d‘Artamis ne coûtera rien au canton. Les locaux dénichés par l‘Etat, qui viennent s‘ajouter à la solution du Vélodrome proposée par la Ville, seront en partie financés par la Fondation Hans Wilsdorf, propriétaire de Rolex. Celle-ci donnera six millions de francs qui payeront la différence entre le loyer au prix du marché demandé par l‘Etat et le montant versé par les artisans, environ trois fois moindre. Ce capital sera géré par une toute nouvelle fondation de droit privé, la Fondation pour la promotion de la culture émergente (FPCE). Composée de représentants du canton, de la Fondation Hans-Wilsdorf et d‘artistes, elle sera également chargée de trouver de nouveaux moyens de financement privés destinés à promouvoir les artistes genevois.
160 artisans relogés
Au sein des anciens artisans du site, la question de ce don fait par Rolex a fait débat, mais n‘a pas pour autant bloqué le projet. «Cela aurait posé problème si l‘Etat s‘était soustrait à ses responsabilités en matière de politique culturelle, ce qui n‘est pas le cas», précise Séverin Guelpa, représentant d‘Artamis. Les baux, d‘une durée de trois ans renouvelables, ont été signés mardi entre ce dernier, la conseillère administrative Sandrine Salerno et le conseiller d‘Etat Mark Muller.
Au final, entre la solution de la Ville et du canton, 160 artisans seront relogés sur quelque 7000 mètres carrés. Mais le site alternatif ne comptait-il pas 350 occupants au total? «Certaines petites entreprises ont trouvé des solutions de leur côté, d‘autres resteront dans le bâtiment de la Database, qui sera accessible durant les travaux», ajoute Séverin Guelpa. Les lieux publics sont les seuls à n‘avoir pas encore trouvé de locaux de remplacement. Concerts et spectacles sont proscrits dans les deux bâtiments proposés par les autorités.
Chloé Dethurens