Dans les mythes brahmaniques, dont la Fondation Martin Bodmer possède un superbe manuscrit illustré, Shiva est l'énergie qui maintient l'univers en perpétuel mouvement. Il est donc souvent représenté sous forme de phallus reposant sur l'organe féminin.
L'hindouisme est tout ensemble une religion, une philosophie et une manière de vivre, qui se fondent sur plusieurs livres sacrés au long de plus de trois millénaires, avec pour seul but de se libérer du cycle des renaissances. Car nos sens sont des maîtres d'erreur et d'illusion. Il n'y a en vérité qu'un grand tout indivisible, l'Absolu impersonnel ou Brahman. C'est l'essence divine qui pénètre toute chose, d'où tout est issu et à laquelle tout retourne, dont les manifestations infinies, les incarnations multiples sont comme les jeux (lîlâ) qui renvoient le monde extérieur à sa vanité et à son peu de réalité. Pour atteindre la délivrance, l'homme peut suivre plusieurs voies, celles de la connaissance (jñâna) ou des actes (karma), celles de la maîtrise physique et mentale (yoga) ou de la dévotion (bhakti).
Le «lingam» et le taureau La Fondation Martin Bodmer expose un superbe exemplaire de l'un de ces Purâna, qui ont fait autorité pendant des siècles dans l'Inde, le Nandipurâna, ou récit promulgué par Nandi, «celui qui apporte la joie», le taureau de Shiva. Aux temps anciens, le taureau blanc était le Seigneur de la Joie, et la joie, c'est-à-dire la musique et la danse, était la force primordiale de la création, un aspect plus tard attribué à Shiva. Nandi servit de monture au dieu, incarnant la force intérieure qu'acquiert celui qui maîtrise la violence pulsionnelle et atteint à la connaissance. Shiva, tour à tour bienveillant ou terrifiant, fut représenté en dansant, symbole du mouvement perpétuel de l'univers. Il est la force qui garde en mouvement le cycle destruction-création, brisant toutes les formes, libérant l'énergie nécessaire à une nouvelle croissance, il est la mort qui contient la vie en elle. La forme sous laquelle il est le plus généralement vénéré est celle du lingam ou phallus, simple colonne de pierre ou phallus arrondi reposant sur un yoni, l'organe féminin à l'origine du monde, pour signifier l'union des énergies mâle et femelle, source de toute vie. Charles Méla, directeur de la Fondation Martin Bodmer
Fondation Martin Bodmer
Cologny
19-21, chemin du Guignard.
Tél. +41 22 707 44 33.
www.fondationbodmer.org TRIBUNE DES ARTS - NOVEMBRE 2008 - No. 366
Le «lingam» et le taureau La Fondation Martin Bodmer expose un superbe exemplaire de l'un de ces Purâna, qui ont fait autorité pendant des siècles dans l'Inde, le Nandipurâna, ou récit promulgué par Nandi, «celui qui apporte la joie», le taureau de Shiva. Aux temps anciens, le taureau blanc était le Seigneur de la Joie, et la joie, c'est-à-dire la musique et la danse, était la force primordiale de la création, un aspect plus tard attribué à Shiva. Nandi servit de monture au dieu, incarnant la force intérieure qu'acquiert celui qui maîtrise la violence pulsionnelle et atteint à la connaissance. Shiva, tour à tour bienveillant ou terrifiant, fut représenté en dansant, symbole du mouvement perpétuel de l'univers. Il est la force qui garde en mouvement le cycle destruction-création, brisant toutes les formes, libérant l'énergie nécessaire à une nouvelle croissance, il est la mort qui contient la vie en elle. La forme sous laquelle il est le plus généralement vénéré est celle du lingam ou phallus, simple colonne de pierre ou phallus arrondi reposant sur un yoni, l'organe féminin à l'origine du monde, pour signifier l'union des énergies mâle et femelle, source de toute vie. Charles Méla, directeur de la Fondation Martin Bodmer
Fondation Martin Bodmer
Cologny
19-21, chemin du Guignard.
Tél. +41 22 707 44 33.
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