C'est devenu tendance!D'un bout à l'autre de la rue du Rhône, les horlogers ne se contentent plus de vendredes montres: ils organisent désormais des expositions dans leurs boutiques afin d'attirer le quidam ou celui qui n'a pas forcément les moyens de s'offrir un garde-temps prestigieux. IWC et la galerie Guy Bärtschi ont ainsi demandé au bédéiste Enki Bilal de leur conter par le dessin des histoires sur le temps. En septembre, Jaeger-LeCoultre a invité le Studio Harcourt à accrocher ses portraits en noir et blanc sur ses murs. Offrant même la possibilité au visiteur de se faire tirer le sien.

Squelettes de montres
A deux pas de là, chez Audemars Piguet,on a choisi de marier art et… squelettes de montres pour une exposition baptisée L'art du mouvement. Ou comment Jean Tinguely, Edgar Allan Poe et Marc LeMené se retrouvent sous un même toit. «Nous sommes partenaires d'Art en Vieille-Ville depuis trois ans, explique Sophie Herzog, responsable de la communication de la marque. Nous nous sommes donc demandés comment utiliser au mieux ce partenariat et profiter du large espace à disposition dans notre boutique.» L'idée d'accueillir une dizaine d'oeuvres prêtées par des galeries s'impose d'elle-même. Avec un exercice imposé: qu'il y ait un rapport avec l'horlogerie.
La Triumph deMcQueen
En 2009, Audemars Piguet s'était ainsi penché sur «Le temps au féminin ». Avec un certain succès. «L'objectif est de faire de notre boutique un lieu de vie et de passage pour nos clients comme pourles passionnés d'art», ajoute Sophie Herzog. Mais sans en faire des tonnes en publicité… Plus proche de l'Horloge fleurie, Bucherer joue aussi la carte de l'expo. Mais reste prudemment dans son registre. La boutique fête les 150 ans de TAG Heuer en proposant une rétrospective de la marque. «Mais nous n'avons pas de pièces historiques, prévient Elodie Lugon. Cinq à six fois par année, nous essayons de mettre une marque en valeur. » Par sa position stratégique, la boutique attire aussi bien le touriste que le badaud indigène. Sans perdre de vue sa vocation… commerciale. Forcément. Le petit plus? Une réplique de la Triumph que Steve McQueen conduisait dans le film mythique de John Sturges "La grande évasion". Cette moto – qui arbore une carrosserie bleue et orange inspirée de la Porsche 917 pilotée par le même McQueen dans Le Mans – sera d'ailleurs vendue aux enchères à l'issue du Triumph Bonneville Swiss Tour. «La somme récoltée sera versée à une association caritative», précise Elodie Lugon. Mais jusqu'à la fin de novembre, elle sera parquée à la rue du Rhône…
«L'art du mouvement» jusqu'au 22 octobre à la boutique Audemars Piguet, à la place de la Fusterie.
150 ans de TAG Heuer jusqu'au 30 novembre à la boutique Bucherer, rue du Rhône 45.
Enki Bilal «Contres vents et marées» et six autres histoires, jusqu'au 6 novembre à la galerie, Guy Bärtschi, route des Jeunes 43.