Outillage d'antan

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François-Paul Journe, également passionné d'histoire horlogère, ouvre le salon de sa manufacture pour présenter «Outillage d'Horlogerie Ancienne».
20 août 2009Anna VaucherL'horloger François-Paul Journe, grand connaisseur de l'histoire de la mesure du temps, présente dans le salon de sa manufacture sa troisième exposition. «Outillage d'Horlogerie Ancienne» révèle une extraordinaire collection d'appareils et de machines horlogères du 18ème au début du 20ème siècle nécessaires à la fabrication des montres de l'époque. A découvrir, que l'on soit amateur ou grand connaisseur.Exposition_326266_0

Anna Vaucher: Comment s'est conçue votre exposition?

François-Paul Journe:Un ami collectionneur qui possède la majeure partie des outils présentés m'en a fait la proposition. Cela tombait parfaitement bien. Depuis 2007, c'est la troisième fois que nous exposons. Notre objectif est de proposer des sujets originaux, en lien avec l'horlogerie, à un rythme qui varie selon les opportunités.

Pouvez-vous nous parler de ces instruments?

C'est en majeure partie de l'outillage suisse, retrouvé chez des paysans horlogers au 19ème siècle et reflétant la tradition horlogère du pays. C'est un petit échantillon qui comporte des objets rares, de plus en plus difficiles à trouver, comme cette machine à guillocher datant de 1906 ou l'établi en bois précieux du 18ème, absolument remarquable. Tous ces appareils sont à propulsion humaine, soit manuels ou à pied, puisqu'ils étaient utilisés dans des lieux qui ne comptaient pas forcément d'autres sources d'alimentation.
Cette exposition s'adresse autant à des connaisseurs qu'à des profanes car même si l'on ne connaît pas leur utilisation, ces pièces sont fascinantes. Elles ont leurs petits mystères, un peu comme des sculptures.

Comment connaît-on aujourd'hui l'utilisation de ces appareils d'époque?
Par transmission orale. Au début de ma carrière, je restaurais des montres et des pendules anciennes. Pour ce genre de travaux, on utilise justement de tels outils parce qu'il n'existe pas d'équivalent «moderne». Tous les cas d'espèces qui se trouvent ici, je les ai un jour utilisés.

En quoi dans votre métier d'horloger aujourd'hui, la restauration d'objets anciens vous a été utile?

Quel que soit le métier que l'on pratique, ça ne nuit pas d'avoir un peu de culture! Dans l'horlogerie, comme dans tous les métiers, c'est bien de savoir ce qui a existé. Et disons que cela évite de réinventer l'eau chaude tous les jours! Parce que je vois souvent des brevets qui sont déposés sur des choses qui existent depuis 600 ans. Mais finalement, connaître l'histoire, ça permet surtout de comprendre la philosophie horlogère du 17ème et 18ème. Les produits issus de l'horlogerie constituaient alors des objets scientifiques. Ce n'était pas pour l'esbroufe comme c'est le cas pour certains aujourd'hui. Le but était réellement de donner l'heure.

Serait-ce une philosophie qui se perd?
Ce n'est pas qu'elle se perd, c'est qu'elle ne s'apprend plus. Mais je suis optimiste, il y a toujours des passionnés.

D'où vous vient finalement cette passion de l'histoire horlogère?
Je suis tombé dedans! Tout petit!Exposition_326266_1


Exposition «Outillage d'Horlogerie Ancienne» , du 1er juillet au 30 octobre 2009, tous les jours du lundi au vendredi, de 9h00 à 18h00.
Manufacture F.P.Journe, rue de la Synagogue 40, 1204 Genève


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