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Le SIHH doit opérer une modification culturelle

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A quelques jours de l'ouverture du prochain Salon de la haute horlogerie, entretien avec son patron Franco Cologni.

Bilan - 13 janvier 2010

Par Michel Jeannot

La vingtième édition du Salon international de la haute horlogerie (SIHH) de Genève se tiendra du 18 au 22 janvier à Palexpo. A quelques jours de ce rendez-vous, Franco Cologni, président de la Fondation de la haute horlogerie (FHH), organisatrice du SIHH, plaide pour une modification culturelle du rendez-vous genevois. Il évoque la nécessaire transformation d'un salon commercial en une manifestation institutionnelle et ne s'opposerait ni à une délocalisation partielle ni à de nouveaux exposants.

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Bilan -  Quelle était la raison d'être du SIHH il y a vingt ans?
Franco Cologni - Lors de la création du SIHH, à l'exception des plus grandes marques, il n'y avait pas de fidélisation de la distribution en horlogerie. Les filiales n'existaient pratiquement pas, sauf pour Cartier. Dans ce contexte, l'organisation d'un salon tel que celui de Genève était idéale pour convier non seulement les agents, mais aussi les détaillants, et ainsi les fidéliser et prendre les commandes. Cet aspect commercial était déterminant.

En vingt ans, la distribution horlogère s'est organisée. En quoi cette évolution peut-elle avoir une influence sur la raison d'être du SIHH?
A moyen terme, le salon de Genève n'aura plus de raison d'être au niveau commercial. Laissons les filiales de distribution faire leur travail de proximité; elles peuvent aisément répondre aux exigences commerciales. Et faisons du SIHH un rendez-vous institutionnel, une plate-forme d'échanges, d'écoute et d'analyse; un rendez-vous pour l'avenir.

Dans quel esprit?
Ce n'est pas le cash de demain qui devrait compter, mais le profit à moyen terme. De salon commercial, le SIHH de Genève doit peu à peu se transformer en salon de la culture horlogère. On doit passer d'un salon du chiffre d'affaires à un salon des valeurs de la haute horlogerie. Bref, le SIHH doit subir à moyen terme une modification culturelle. Un peu à l'image des expositions universelles qui, de foires commerciales ou foires d'échantillons, sont devenues des manifestations institutionnelles.

Les marques ne participent-elles pas à ce salon précisément pour réaliser des affaires?
Celles qui n'ont pas vu que le monde avait changé, certainement. Le salon demeure le lieu de présentation des nouveautés aux détaillants, premiers ambassadeurs des marques. Mais les flux d'information, notamment avec Internet, ont changé la donne. Les perceptions se modifient et la crise a évidemment laissé des traces. L'idéal serait par exemple que les patrons des marques puissent rencontrer une fois par an les meilleurs détaillants du monde pour les écouter, prendre le pouls des marchés, analyser avec eux les succès et les échecs. Et de faire cela sans que l'information ne soit tronquée par le filtre des échelons hiérarchiques. Ainsi, le SIHH 2010 pourrait être l'occasion de se poser quelques questions importantes pour amorcer la sortie de crise.

La question de la localisation du SIHH à Genève est régulièrement posée. Peut-on ou doit-on imaginer ce salon ailleurs?
Il faudrait avoir le courage de ne pas rester axé uniquement sur Genève, mais aussi d'imaginer un salon de la haute horlogerie ailleurs dans le monde. On peut penser notamment à la Chine et aux Etats-Unis. Je ne dis pas qu'il faille aller partout tous les ans, je ne dis pas non plus qu'il faille abandonner Genève, mais je suis persuadé que la haute horlogerie se doit de faire connaître ses valeurs en d'autres lieux du globe. Peut-être de manière plus simple et moins grandiose qu'à Genève, mais cette volonté de diffuser la dimension culturelle de la haute horlogerie sur de nouveaux marchés est essentielle.

Deux nouvelles marques, liées à des marques exposantes, font leur apparition cette année au SIHH. Etes-vous pour accepter davantage de nouveaux exposants à l'avenir?
Les marques participantes ont beaucoup investi dans le SIHH et cherchent à maintenir une certaine exclusivité. C'est légitime. Mais en tant que président de la Fondation de la haute horlogerie, plus cet univers sera représenté, mieux ce sera. Il faut donc réfléchir à accueillir de nouvelles marques à côté du SIHH ou d'une autre manière.

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