Tribune des Arts - Octobre 2009
Michel Bonel

Netsuke, ivoire, signé “ Rantei ”, singe s'épouillant, haut. 3,4 cm, époque Edo (1605-1868). FONDATION BAUR/DR
Il s'appelle désormais Fondation Baur, Musée des Arts d'Extrême-Orient et il vient de rouvrir ses portes le 4 septembre après une rénovation en profondeur qui a duré seize mois. Comme un grand rafraîchissement général qui a généré, sous la direction du cabinet d'architecture Bassi & Carella. Résultat: une ambiance plus intime et élégante qui a pour but de mettre mieux en valeur les collections, tandis que de nouvelles vitrines permettent d'exposer davantage d'objets ainsi que les estampes de façon permanente.
Si la Chine brille de tous ses feux, le Japon, en revanche, se fait désirer et n'ouvrira ses portes que fin janvier 2010. Ce pays, on le sait, fut la préoccupation première d'Alfred Baur, fondateur du musée qui, sur une période de quarante-cinq ans, de 1906 à 1951, collectionna plus de 6000 oeuvres d'art japonais. En particulier l'art et l'artisanat du XVIIIe au début du XXe siècle, c'est-à-dire les époques Edo, Meiji et Taisho, ainsi que les premières décennies de l'ère Showa.
Ce qui fait qu'ornements de sabre, netsukes et laques représentent les trois quarts de la collection japonaise. “ Ils révèlent, précise Helen Loveday, la conservatrice, la fascination qu'éprouvait Alfred Baur pour les objets de petite taille, minutieusement travaillés.Ó” Mais le fondateur a également assemblé de nombreuses estampes ukiyxo-e, signées des grands maîtres de l'Ecole Utagawa, du début du XIXe siècle, comme Hiroshige, Kuniyoshi et Kunisada. Baur a également rassemblé dans une moindre mesure, des céramiques, dont les porcelaines de Nabeshima et Arita, des pipes, des tissus d'autel bouddhiques en brocart et des cloisonnés de l'époque Meiji.
Un tiers d'objets en plusC'est tout cet ensemble qui sera valorisé, de façon permanente désormais, au deuxième étage du musée Baur. Sans toucher aux volumes, les surfaces ont ici pu être amplifiées, en utilisant au mieux l'espace disponible. Ornements de sabre et lames, laques, netsuke, porcelaines, cloisonnés et estampes ou soieries se partagent les quatre salles, tandis que la cinquième est dédiée aux céramiques et accueille un grand paravent de l'époque Kano, du XIXe siècle, de quelque 3,60 mètres de large. “ Il y a un tiers environ d'objets en plus, d'où la possibilité de faire des rotations avec les laques et les estampes. ” Seront également exposés des kimonos du début du XXe siècle, la Fondation ayant reçu en don toute une collection.
Cependant, deux nouveautés ont été introduites. Ainsi, une zone est dédiée aux arts de la cérémonie du thé tandis qu'un présentoir a été monté pour présenter de façon adéquate les estampes et les textiles. Des oeuvres fragiles qui seront régulièrement changées au cours de l'année, informe Helen Loveday. “ Malgré ces transformations, ceux qui ont connu l'ancienne installation retrouveront, dans les salles dédiées aux ornements et aux laques, les tiroirs placés sous les vitrines qui avaient été pendant longtemps, l'une des particularités muséographiques de la Fondation Baur. ” Dernier détail: les visiteurs seront accueillis à l'entrée de l'étage Japon par une très belle armure de samouraï. Elle a été prêtée par le Musée d'Ethnographie de Genève. La collaboration entre musées, même d'obédience différente, n'est pas un vain mot.
