ventes en baisse

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La gamme luxueuse «moyenne» des montres exportées chute avec la crise. Le très haut de gamme est moins touché.
Laurent Donsel
Le Matin - 19 janvier 2009

Le nombre de montres suisses vendues à l'étranger diminue d'un coup. Après des années exceptionnelles de croissance, les exportations reculent depuis octobre. Mais les 26 millions de montres suisses exportées annuellement ne sont pas égales face à la crise. Selon qu'il coûte 100, 1500 ou 12'000 francs, le bracelet n'aura pas le même destin.

Les montres à moins de 600 francs connaissent une baisse de 14,2% (en comparant novembre 2007 et 2008). Ces montres de «base», vendues à des acheteurs de tout genre, représentent le plus gros volume pour l'étranger. Mais elles ne pèsent «que» 113 millions de francs (prix à l'exportation). C'est beaucoup moins que le haut de gamme - les montres à plus de 9000 francs - qui affiche ses 865 millions.

Et la clientèle a peur: «L'inquiétude des acheteurs est nouvelle par rapport à d'autres crises qu'a connues l'horlogerie, explique Marc Barrachina, directeur de Schwarz Etienne, horlogerie artisanale de luxe à La Chaux-de-Fonds. Elle touche tout le monde. Même les consommateurs à fort pouvoir d'achat ont changé de comportement. Il faut bien avoir dans la tête que personne n'a fondamentalement besoin d'une montre: on trouve l'heure partout. La fréquence d'achat est donc spontanée, impulsive et émotionnelle. Quel que soit le prix.»

Exportations mises à mal
Les montres le plus touchées à la baisse sont celles de la catégorie de luxe «intermédiaire». Pour celles qui affichent des prix variant entre 600 et 1500 francs, c'est une baisse de plus de 22%. Pour les ventes de montres entre 1500 et 9000 francs, c'est une diminution de 31% des exportations!

Sur ce segment, la crise touche fortement les acheteurs travaillant dans la finance. «Les bonus à la City de Londres en 2007, par exemple, étaient phénoménaux, mentionne Philippe Pegoraro, économiste à la Fédération de l'industrie horlogère suisse. Cette fin d'année, ces acheteurs ont changé la donne pour ces ventes de montres.»

C'est en fait le luxe très haut de gamme, à plus de 9000 francs la pièce, qui s'en sort le mieux. Sa riche clientèle ne semble pas encore trop sentir les effets de la crise. Les exportations ne diminuent «que» de 10,2%.

Certains horlogers se veulent ainsi rassurants: «Nous vendons 26'000 montres par an, et nous avons 60% de commandes en attente. La crise ne nous inquiète pas trop», relève Jean-Claude Biver, CEO de Hublot. Mais pour d'autres structures, ces derniers mois sont vécus plus durement. «La situation est difficile: pas forcément pour l'entreprise directement mais plutôt nos partenaires locaux ou sous-traitants qui sont particulièrement touchés», constate Marc Barrachina.

«Une bonne année»
Des entreprises en rapport avec le secteur ont commencé par des dizaines de mises au chômage dans les Montagnes neuchâteloises. «Malgré cette baisse, l'année 2008 a été bonne», rappelle Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération horlogère. Qui reconnaît que le secteur a globalement connu de très fortes croissances de son chiffre d'affaires ces dernières années. Exports_325046_0