L'horlogerie sauve le commerce extérieur

3 minutes read
Secouées par une conjoncture difficile, les exportations suisses progressent d'un léger 0,9%


24Heures - 21 décembre 2011

Olivier Wurlod 


Sur les dix principales branches exportatrices de Suisse, seules 4 ont continué à accroître leurs ventes à l'étranger durant le mois de novembre.

Mais un fossé existe entre l'industrie horlogère, qui caracole en tête avec une hausse de 16%, et l'industrie des denrées alimentaires (avec boissons et tabacs), jeune dauphine, qui aligne une croissance de 3,9%, l'industrie chimique et sa légère hausse de 2,7% ou celle des instruments de précision, qui augmente d'un tout petit 1,1%. Et le fossé se creuse de manière encore plus drastique avec les industries des machines, des textiles et du papier, en chute libre de réciproquement 10,3%, 13,5% et 17,2%.

Exports_331648_0



Pour l'horlogerie, rien de très neuf. Comme escompté depuis 2 à 3 mois, l'année 2011 sera celle de tous les records pour cette branche. Un nouveau seuil vient même d'être atteint en ce mois de novembre, puisqu'elle a exporté pour la première fois pour plus de 2 milliards de francs de produits.

Pour l'industrie des denrées alimentaires, elle ne s'en sort pas trop mal, mais uniquement grâce aux exportations de café (+18%) et de chocolat (+15%). Pour les autres secteurs alimentaires, «ils ont tous bu la tasse», indique le rapport de l'Administration fédérale des douanes (AFD).

3 milliards d'excédents

Malgré cela, selon les chiffres de l'AFD, la balance commerciale suisse ne s'en sort pas trop mal grâce à des importations en baisse de 6,7%, à 14,8 milliards de francs, et à des exportations en progression de 0,9%, à 17,8 milliards. Cette évolution opposée permet effectivement de boucler le mois de novembre sur un excédent mensuel conséquent de l'ordre de 3 milliards, «soit le deuxième plus important jamais enregistré», conclut l'Administration fédérale des douanes.

Le boom asiatique

Logiquement, cette évolution repose surtout sur une Asie en pleine croissance. Et cela malgré des marchés chinois et japonais moins dynamiques au mois de novembre, en recul de 6,6% pour le premier et de 10% pour le second.

Mais, sur l'ensemble de l'année, les exportations vers la Chine s'envolent quand même de 22,5% et de 9,5% pour tout le continent asiatique. Pour le mois de novembre, les pertes chinoises et japonaises sont compensées par les fortes demandes en produits suisses de Hongkong (+16,3%), de Singapour (+10,7%), de la Corée du Sud (+10,9%) et de Taïwan (+27,1%).

Alors que les livraisons vers une Europe en crise économique se tassent et stagnent, ce n'est pas le cas de celles exportées vers l'Amérique du Nord. Dans cette région, seul le Canada soutient cette progression (+29,1%). Par contre vers l'Amérique latine et l'Océanie, la tendance est à la chute libre (–7%).

 

Statistiques horlogères détaillées

________________________________

 

Les montres qui plaisent


S'il est, aujourd'hui, indéniable que l'horlogerie suisse cartonne dans le monde entier, quels sont les modèles qui attirent réellement les chalands étrangers et permettent à cette branche de vivre une telle ferveur? Selon les statistiques de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH) la moitié de cette croissance est en fait à attribuer aux montres en or, à plus de 3000 francs le modèle. Ces dernières ont connu une progression de 20,6% en novembre. Une telle hausse à deux chiffres a aussi été vécue par les modèles se situant entre une fourchette de 500 à 3000 francs. Par contre, en dessous, les évolutions des exportations sont moindres, voir nulles lorsque le prix descend en dessous de 200 francs l'objet. En résumé, l'engouement pour les montres suisses, qui a débouché en ce mois de novembre sur un record absolu de ventes, concerne essentiellement les garde-temps de luxe. Aux yeux du monde, la montre suisse est bel et bien un puissant symbole de richesse.

Exports_331648_1