Les Suisses lorgnent vers ces 10 à 30 millions d'Indiens dont le pouvoir d'achat permet désormais d'acquérir des produits de luxe.
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Après la Chine, l'Inde. Ne cessant de se réjouir de l'explosion de leurs chiffres d'affaires sur les marchés émergents, les principaux acteurs de l'industrie du luxe n'en cherchent pas moins déjà de nouveaux relais de croissance. Et lorgnent tous aujourd'hui sur la même poule aux oeufs d'or: «Ce sera l'Inde», a déclaré en avril dernier Yves Carcelle, le patron de Louis Vuitton Malletier, filiale du numéro un mondial du luxe LVMH. Même son de cloche chez l'ensemble des fabricants de garde-temps suisses, qui tentent depuis un certain temps déjà de conquérir ce vaste territoire. Il faut dire que le marché indien a tout d'un eldorado pour le secteur de l'horlogerie. Si le pays compte quelque 300 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, il abrite également le plus grand nombre de milliardaires de l'ensemble du continent asiatique. La classe aisée, elle, – environ deux millions de foyers – présente un potentiel faramineux pour l'industrie: selon le comité Colbert, entre 10 et 30 millions d'Indiens ont un pouvoir d'achat suffisant pour acquérir des produits de luxe. «N'oublions pas le potentiel très important des étrangers habitant en Inde. Ce sont eux, surtout, qui détiennent le pouvoir d'achat», remarquait récemment Olivier Bernheim, patron de la marque genevoise Raymond Weil, qui fut l'un des premiers horlogers à pénétrer le marché indien il y a de nombreuses années. En termes de ventes, l'intérêt de l'Inde pour les sociétés horlogères suisses se veut également grandissant. En septembre 2006, elles ont réalisé une hausse de leurs ventes en Inde de plus de plus de 185% par rapport à la même période en 2004. Soit, à l'instar de la Corée du Sud, la progression la plus forte enregistrée sur l'ensemble des marchés d'exportation de l'horlogerie helvétique.
Florence Noël
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Tribune des Arts - No352 - Juin 2007
