Le Brésil, point noir de l'horlogerie

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En 2006, seules 191 000 montres ont été exportées

Doris Leuthard a signé hier un protocole d'entente avec le ministre brésilien des Affaires étrangères. L'horlogerie en attend beaucoup.
Walter Von Känel, le bouillon­nant président de Longines, fouille dans son sac en cuir noir aux couleurs de l'entreprise: «Regardez cette statistique! Le Brésil ne figure même pas parmi les 30 premiers pays d'exporta­tion de l'horlogerie suisse, ce n'est vraiment pas normal!» Le Brésil est le cinquième plus grand pays du monde. Pourtant en 2006, seules 191 000 montres ont été exportées. Nettement moins que dans les autres pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) dont le Conseil fédéral a fait sa priorité pour 2007.
Pourquoi ce retard? «C'est la faute des droits de douane et des taxes additionnelles», répond Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l'industrie hor­logère suisse (FH). Les droits de douane s'élèvent à 20%, un taux plus haut que pour tous les autres produits importés. S'ajou­tent des taxes d'environ 65 à 75%. Le représentant des horlogers suisses espère donc que le proto­cole d'entente signé hier à Brasi­lia entre Doris Leuthard et le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, per­mettra, à terme, de faire baisser les droits de douane: «On veut bien payer ce que l'on doit, mais pas plus», lance Walter Von Känel. Foncièrement optimiste, le Jurassien bernois rappelle qu'il y a quelques années, la si­tuation était aussi extrêmement difficile en Inde: «Grâce à une politique des petits pas, la des­cente des taxes est engagée.» Autre inquiétude: la contrefa­çon. Des copies arrivant depuis le Paraguay inondent le marché brésilien. Suite à une interven­tion de la FH, 17 000 fausses montres ont été saisies en no­vembre à Sao Paulo et 14 Chinois arrêtés. Mais pour Jean-Daniel Pache, ça ne suffit pas: «Nous souhaiterions que le Brésil soit plus strict à la frontière et ren­force les peines pour ces délits.» De son côté, Walter Von Känel ne cesse de féliciter Doris Leuthard d'avoir choisi le Brésil pour sa première mission écono­mique: «C'est un signal très clair.» En vieil habitué de ces voyages, il dresse des louanges à la nouvelle ministre: «Elle a un immense charisme, un sens de la priorité, une excellente connais­sance des dossiers, un vrai lea­dership et en plus elle parle très bien l'anglais.»  

24 Heures/ VINCENT BOURQUIN BRASILIA / www.24heures.ch

 

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