Hong Kong, le paradis des horlogers

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En Chine, les affaires marchent tellement bien que les horlogers n'arrivent plus à faire face à la demande. Ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes.

En Chine, les affaires marchent tellement bien que les horlogers n'arrivent plus à faire face à la demande. Ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes.

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Aujourd'hui, une montre helvétique sur sept est exportée à Hong Kong. A l'exemple de ces Audemars Piguet.

Les statistiques parlent toutes seules: entre 2005 et 2006, les exportations horlogères suisses à Hong Kong ont progressé de près de 9%. La hausse est de plus de 35% sur quatre ans. Aujourd'hui, une montre helvétique sur sept est exportée dans l'ancienne colonie. Les horlogers jubilent, les prochains mois s'annonçant encore et toujours radieux. Mais cette croissance effrénée ne va pas sans poser quelques problèmes. C'est qu'il devient de plus en plus difficile de fournir des clients exigeants, qui cherchent des pièces rares et exclusives. Les séries limitées sont entièrement réservées avant même d'être mises officiellement en vente et même les montres plus classiques se font rares, tant la demande est forte. «Nous allons recevoir dix des cent tourbillons lancés par la marque, explique le gérant de la boutique Panerai. J'aurais pu vendre les 100. Je vais frustrer des dizaines de clients.»

Même les vendeurs ronchonnent. Comme l'avoue le patron d'une grande marque, ses équipes de vente s'ennuient. «Il y a encore quatre ans, elles devaient se battre pour convaincre le client, aujourd'hui, elles gèrent la pénurie.»

A cela, s'ajoutent des loyers qui s'envolent. A Hong Kong, le marché immobilier est libre, les prix déterminés par l'offre et la demande. Dans les quartiers les plus prisés, le loyer peut doubler lors du renouvellement du bail. Ce qui contraint une fameuse marque suisse à payer 120 000 francs par mois pour son magasin de 40 mètres carrés. Il faut en vendre des montres pour le rentabiliser!

Tout pourrait s'effondrer

Dernier sujet d'inquiétude, les horlogers savent que le marché, malgré les apparences, est fragile. Ils ont vécu trois crises en a peine plus de dix ans: la rétrocession de Hong Kong à la Chine, suivie par la déconfiture des économies asiatiques, en 1997, puis l'épidémie du SARS en 2003. Il suffirait d'un rien – une escarmouche avec Taïwan, l'éclatement de la bulle boursière chinoise, une épidémie de grippe aviaire – pour que tout s'effondre en quelques semaines. Raison de plus pour profiter des beaux jours! Et d'un marché dont la croissance n'est de loin pas terminée. Nouvel eldorado, Macao. Pas moins de cinq casinos géants auront été ouverts là-bas cette année et plus d'une centaine de boutiques horlogères s'y sont installées. La demande pour les montres suisses est telle que ce n'est probablement pas fini!

Olivier Toublan

Les Chinois rachètent les horlogers suisses

Qu'un groupe horloger chinois achète une marque horlogère suisse, ce n'est pas nouveau. Par contre, qu'il acquière un fabricant de mouvements, c'est une première. C'est ce que vient de faire Peace Mark, en s'emparant du Valaisan STM, qui produit des mouvements mécaniques «swiss made» haut de gamme.

Les marques les plus fameuses

Quelles sont les montres suisses les plus populaires en Chine? Sans surprise, Omega et Rolex squattent les deux premières places, suivies par… Longines, Rado et Tissot. Pour les consommateurs chinois au pouvoir d'achat encore limité, ces trois marques représentent la qualité et le design suisse à un prix abordable.

 

Tribune des Arts - No355 - Octobre 2007

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