Grosse reprise des exportations horlogères

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Les montres suisses se vendent très bien en Asie et en Amérique latine. Les niveaux records de 2008 sont proches

Tribune de Genève - 22 décembre 2010

Marc Guéniat


Des huit industries d'exportation suisses répertoriées par l'Administration fédérale des douanes, six affichent une croissance depuis le début de l'année. Seul le petit secteur de l'habillement subit une franche baisse. Preuve que les industriels suisses ne sont pas tant affectés par la force du franc par rapport à l'euro, en dépit de leurs complaintes. Depuis janvier, la balance commerciale enregistre un surplus de 18,8 milliards de francs, caractérisé à la fois par une hausse des exportations à 7% (177,9 milliards de francs) et des importations à 8% (159,1 milliards de francs).

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De tous les secteurs, c'est l'horlogerie qui démontre les résultats les plus probants. Après la terrible année 2009, marquée par des licenciements et une chute drastique des commandes, les affaires ont repris. En onze mois, les exportations du secteur progressent de 21,8% par rapport à l'année précédente. Sur le mois de novembre, ce taux frise la barre des 30%. Euphorique, la Fédération de l'industrie horlogère suisse s'aventure à comparer l'exercice en cours avec l'année 2008 qui, avec près de 17 milliards de francs d'exportations, a été celle du record absolu.

Cette croissance est attribuée au dynamisme des marchés asiatiques. A elle seule, l'île de Hong Kong représente un cinquième des livraisons, devenant le premier débouché pour les montres suisses. Singapour occupe la quatrième place, tandis que la Chine et le Japon se classent respectivement 6e et 7e. Pour le reste, les Etats-Unis et la France se partagent le podium.

Du côté des gammes vendues, les modèles de plus de 3000 francs sont les plus demandés, avec 40% de progression. Le segment compris entre 200 et 500 francs suit avec 30%.

Plus surprenant, les industries des machines et métallurgique tirent leur épingle du jeu, enregistrant des taux de croissance de leurs exportations de 21,6% et 7,9% sur l'année.

Tous secteurs confondus, les ventes de biens suisses ont particulièrement augmenté à destination de l'Amérique latine, à +21%; à l'exception de l'Afrique, tous les continents ont accru leur consommation de produits helvétiques. L'Europe aussi, avec 5%, malgré la faiblesse de l'euro par rapport au franc. Et c'est heureux pour le pays, car l'Union européenne demeure son principal partenaire commercial.

Au vu de ces résultats, il devient peu surprenant que le Credit Suisse ait relevé, hier, ses prévisions de croissance de l'économie suisse en 2010. Du fait de la bonne tenue des exportations, la banque table désormais sur 2,8% de hausse du PIB, contre 2,6% trois mois auparavant. Elle se montre en revanche nettement plus circonspecte quant à l'année prochaine, évaluant la croissance à seulement 1,2%. Ces prévisions pourraient de plus être revues à la baisse pour peu que l'euro poursuive sa chute.

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